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Ntamack : «En 1999, tout le monde nous voyait perdants»

Emile Ntamack

Emile Ntamack - -

L'entraîneur des arrières de l'équipe de France se rappelle au bon souvenir de la Nouvelle-Zélande qu'il a battue en 1999 en demi-finales de Coupe du monde (43-31). A la veille de les retrouver (samedi 10h30), il ouvre la page nostalgie d'un succès historique.

Emile, vous avez participé à la victoire des Bleus en demi-finale de la Coupe du monde 1999 face à la Nouvelle-Zélande (43-31). Quel souvenir en gardez-vous ?

Ça reste des bons souvenirs. C’était un vrai bonheur d’avoir su inverser la tendance. C’était aussi une qualification pour une finale, une première pour beaucoup d’entre nous. C’était un moment merveilleux. Je me rappelle surtout de la joie d’avoir battu cette équipe qui était la meilleure du tournoi. Quelque temps avant, on avait lourdement chuté chez eux. C’était un match de rugby remporté avec beaucoup de plaisir, de joie et d’abnégation. On s’était montrés dignes sur le terrain.

Pouvez-vous établir un parallèle avec la situation de l'équipe de France aujourd'hui ?

Le contexte n’est pas le même. On avait joué contre eux quatre mois avant et on avait pris 50 points (54-7 lors de la tournée d’été, ndlr). On avait été vexés et humiliés. Tout le monde nous voyait perdants. Les Blacks étaient irrésistibles avec une équipe bien en place. Ils écrasaient tout sur leur passage. De notre côté, on avait démarré la compétition tranquillement en gagnant des matches dans la difficulté notamment face aux Fidji et à l’Argentine. Tout avait été dit avant ce match sauf qu’il fallait le jouer. Je me rappelle des sourires et de la bonne humeur dans les vestiaires avant le match. C’était un match plutôt facile à préparer pour nous.

« On n'est peut-être pas encore aptes à rivaliser avec eux »

La pression est-elle la même aujourd'hui qu'en 1999 ?

C’est différent. On disputait une demi-finale, un match éliminatoire. Là, il s’agit d’un match de poule dont l’issue ne portera pas à conséquences hormis sur l’aspect psychologique. Il y a peut-être un parallèle : les All Blacks sont chez eux et attendent ce match avec beaucoup d’impatience alors qu’on n’est peut-être pas encore aptes à rivaliser avec eux. On ne va pas se poser de questions. Nos joueurs sont peut-être vexés de ne pas être considérés aujourd’hui. Ce sont des joueurs de rugby capables de relever des défis.

La dernière nation à s'être imposée à l'Eden Park d'Auckland est la France en 1994 (23-20, le 3 juillet 1994). Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Je ne veux pas y avoir un signe indien. On sait que ça va être difficile. Ça fait longtemps qu’ils n’ont pas perdu à l’Eden Park. On a aussi toujours eu du mal à battre les Blacks quel que soit le contexte. Ça va être un match un peu spécial mais ça doit nous permettre de progresser, de se rapprocher d’eux.

Le titre de l'encadré ici

Lièvremont n'aime pas se retourner|||

Titulaire lors de la victoire contre la Nouvelle-Zélande (43-31) en demi-finale de la Coupe du monde 1999, Marc Lièvremont n’aime pas revenir sur les exploits passés des équipes de France contre les Blacks. Et il le fait savoir. « Il n’en reste rien, peste l’entraîneur des Bleus quand on revient sur la prestation de 1999. C’était il y a 12 ans. C’était une autre histoire et un autre contexte. Evoquer 1979 (victoire 24-19 pour ce qui reste le dernier revers des Blacks à Auckland), c’est ridicule. Bien sûr qu’on en est fier et que ça montre que l’équipe de France sait se sublimer. Ça prouve que notre que notre équipe est capable de battre les meilleurs si elle s’en donne les moyens en terme de détermination. Maintenant, se servir d’exemples qui datent de 12 ans ou 20 ans, c’est un peu ridicule. C’est un peu comme si on s’appuyait sur la statistique qui dit que la Nouvelle-Zélande s’impose trois fois sur quatre contre les Bleus. »

P.Ta.