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Pelous : « Mon capitanat n’y avait pas résisté »

Fabien Pelous

Fabien Pelous - -

Avant Angleterre-France samedi à Twickenham, RMC Sport vous propose de retrouver les témoignages d'ex-capitaines des Bleus sur ces défaites qui font (très) mal face à nos chers ennemis... Troisième volet avec Fabien Pelous.

1997, meilleur souvenir
« J’ai pas mal de souvenirs, parfois confus, parfois heureux, parfois très malheureux. C’est assez disparate. Je retiendrais celui de 1997 parce que c’était en Angleterre. On avait gagné là-bas (20-23). C’est assez rare pour le noter. Et c’est arrivé un peu comme un cheveu sur la soupe. On avait fait deux matchs pas très aboutis juste avant. Là, on gagne en Angleterre et on s’ouvre la voie du Grand Chelem. »

2001, pire souvenir
« C’est le match le plus médiatique du Tournoi. C’est le match que tout le monde attend. Perdre ou se faire humilier dans ce match-là, on sait que ça a un gros retentissement. Ça a des conséquences sur l’équipe, aussi. Moi, en 2001 (48-19 pour les Anglais), je n’avais pas été invité pour la tournée qui suivait. Ça m’arrangeait bien parce que j’étais un peu au bout du rouleau. Mais mon capitanat n’y avait pas résisté. »

Les Anglais, plus fiers qu’arrogants
« C’est plus de la fierté que de l’arrogance. Je pense qu’ils sont fiers de ce qu’ils sont et ils ont raison. Ils en jouent, ils s’appuient dessus. Je ne prends pas ça pour de l’arrogance. Dans le cadre du rugby, c’est de la fierté bien placée. Et il y a le côté historique de la confrontation. On a été deux grosses puissances européennes, il y a toujours eu de la concurrence. C’est comme dans les familles. Les frères veulent montrer qu’ils sont plus forts. »

Des jusqu’au-boutistes
« Ils sont plus forts chez eux parce qu’ils ont ce sentiment de fierté exacerbée. Ils essayent d’imposer leur style de jeu alors qu’à l’extérieur, ils essayent plus de s’adapter qu’ils affrontent. On l’a vu en novembre quand ils ont battu les All Blacks. Ils sont allés au bout de leurs idées. On peut leur reprocher beaucoup de choses, aux Anglais, mais pas ce jusqu’au-boutisme dans leur investissement. »

Twickenham, leur antre
« Le stade n’est pas très différent. Mais c’est l’ambiance et le fait qu’on n’y gagne pas souvent. On sent la pression du public. C’est une ambiance particulière, avec la ferveur des supporters. Ils sont toujours derrière leur équipe. Dans d’autres pays, quand on arrive à étouffer l’adversaire sur le terrain, il n’y a plus d’ambiance dans les tribunes. A Twickenham, les supporters soutiennent leurs joueurs quoi qu’il arrive. »