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Penaud voit double, Les Bleus en souffrance... Les tops et les flops d'Ecosse-France

Le XV de France s'est incliné à Murrayfield ce samedi pour son deuxième match de préparation à la Coupe du monde contre l'Ecosse (17-14). Les Bleus ont pu compter, un temps, sur un Damian Penaud très actif pour combler le vide offensif. La défense agressive des Bleues, prometteuse pendant la première période, n'a pas tenu.

L'équipe de France de rugby n'a pas confirmé ses promesses en Ecosse. Vainqueurs du premier match de préparation pour la Coupe du monde face au XV du Chardon à Nice (32-3), les Bleus se sont inclinés à Glasgow (17-14) ce samedi. Auteur d'un doublé, Damian Penaud se présente comme la meilleure arme d'un XV de France proche du néant offensivement, qui a souffert en deuxième période et dans les rucks. Ils auront une dernière occasion de se tester avant le rendez-vous japonais, samedi prochain contre l'Italie. 

TOPS

Penaud, la dynamite

Après le festival du premier match et les cinq essais inscrits, l’organisation offensive des Bleues n’a pas brillé pour cette revanche. Il a fallu s’en remettre aux individualités, en particulier à Damian Penaud. L’ailier clermontois a inscrit les deux essais tricolores. Le premier, il ne le doit qu’à sa lecture du jeu pour venir intercepter une passe dans le camp adverse. Le champ était alors libre pour ouvrir le score dès la deuxième minute (7-0). Le second vient d’une accélération de Sofiane Guitoune, annoncé vendredi comme remplaçant de Wesley Fofana, aux quarante mètres. Après avoir profité d’un trou béant dans la défense écossaise, le Toulousain a parfaitement fixé son vis-à-vis pour lancer Penaud à l’essai (27e, 14-3). Mais le joueur de 22 ans est également impliqué sur l’essai écossais, laissant échapper le ballon qui profitera finalement à Sean Maitland (39e, 14-10).

La défense, 38 minutes de pression

Il est rare de vanter la défense d’une équipe battue. Si elle n’aura pas été parfaite, et semblé plusieurs fois fébrile sur le jeu au pied écossais, les Bleus ont montré du progrès dans l’application d’un système défensif clair. Une défense dite « inversée », avec des ailiers très agressifs plutôt qu’en retrait pour couvrir. Cela explique, outre le talent individuel, l’interception de Penaud pour l’ouverture du score. Quand le physique leur a permis, les Bleus ont mis l’impact nécessaire pour faire reculer les Ecossais. Une solidité brisée sur l’essai de Maitland, venu d’une perte de balle puis d’un renversement du jeu vers l’aile juste avant la pause. Le XV de France a désormais un peu moins d'un mois pour monter en puissance et tenir une rencontre entière. 

FLOPS

Une seconde période en spectateurs

Les Bleus, s’ils ne comptaient plus que quatre points d’avance, avaient encore le match en main au début de la seconde période. Mais les Français ont passé ce deuxième acte à subir. Les Ecossais, enfin retrouvés, ont dominé les Bleus dans l’impact, l’envie et le sérieux. Ils auraient sans doute creusé l'écart sans quelques approximations. Le coup de mou physique, craint après une préparation particulièrement lourde en Espagne, a frappé les jambes tricolores. Difficile alors d’imaginer une victoire.

Un jeu offensif limité

Si la défense a offert quelques promesses en première période, l’attaque tricolore n’a jamais enthousiasmé les supporters du XV de France. Limitée à des exploits individuels ou des erreurs écossaises, l’ambition offensive française a été rapidement stoppée par un rythme défaillant et surtout de nombreuses fautes de mains. Le prochain match contre l’Italie sera l’occasion de franchir un palier dans ce secteur.

En souffrance dans les rucks

S’ils ont plusieurs fois perturbés les Bleus grâce à leur jeu au pied dans le dos de la défense, les Ecossais ont basé une partie de leur succès sur le travail au sol. Ils ont fait souffrir les avant français dans chaque ruck, récupérant plusieurs fois le ballon directement ou via une faute en leur faveur. Cumulé avec les fautes de main, les Ecossais ont obtenu 24 "turnovers", contre 15 pour les Bleus. L’exemple le plus parlant a entraîné le temps fort et le deuxième essai écossais. Après une relance ratée par Raka, Ramos est plaqué dans les 22 tricolores. Chat arrive au déblayage mais, sans soutien, il est balancé par les Ecossais lancés. Le ballon ainsi récupéré amène plusieurs temps de jeu dans les cinq mètres français, conclus par une percée du centre Chris Harris sous les poteaux (17-14, 60e).

HM