RMC Sport

Coronavirus: Perpignan va-t-il voir ses espoirs de Top 14 s’envoler?

Deuxième de Pro D2 à un point de Colomiers, Perpignan était dans les clous pour viser une remontée en Top 14. Mais ça, c’était avant l’épidémie de coronavirus. Le président catalan François Rivière est, comme tous ses homologues, dans l’expectative.

"Il faut qu’il y ait de l’espoir." A Perpignan, comme ailleurs, on essaie de se raccrocher à l’idée de pouvoir rejouer d’ici la fin de saison. Evidemment, non pas comme si de rien n’était, ni avec l’ambition de disputer l’ensemble du championnat comme prévu. Car l’épidémie de coronavirus va évidemment tout chambouler, sportivement et économiquement. Deuxième de Pro D2 après 23 journées, à seulement un petit point du leader, Colomiers, le club catalan en a parfaitement conscience. Encore plus son président François Rivière dont le parcours personnel incite forcément à relativiser. "J’ai eu un terrible accident il y a cinq ans qui m’a laissé longtemps dans le coma, raconte-t-il à RMC Sport. Et quand je suis sorti du coma, j’étais dans un état physique terrible. J’ai dû tout réapprendre, à respirer, à marcher. Alors oui, je relativise."

>> Le sport face au coronavirus: la situation en direct

Confiné dans sa maison à Perpignan, François Rivière se dit chanceux de voir son entourage et son club, aussi bien le personnel administratif que sportif, épargnés pour le moment par la maladie. "C’est déjà une grande respiration", dit-il sobrement. Cela n’empêche pas l’USAP de participer activement aux réunions avec les autres présidents de l’élite, ni de travailler sur des éventuels scénarios de reprise ou de préparer la saison prochaine, désormais la vraie préoccupation pour bon nombre de clubs. A Aimé-Giral, "un stade de Pro D2 facilement plein, surtout pour les phases finales" selon Rivière, on adore le rugby, ce n’est pas franchement secret. On y est forcément frustré par l’absence de matchs. Mais, comme ailleurs, l’avenir, c’est l’inconnu. Aussi bien pour la tenue des matchs que pour la présence incertaine du public.

"Le contexte est quand même compliqué pour une reprise du championnat, selon le président de 56 ans. On veut tous y croire mais ça reste encore très incertain. Je le redis, je souhaite vraiment qu’il y ait deux montées de D2 vers le Top 14, possiblement devenu Top 16 je n’en sais rien. Mais ça serait injuste pour des clubs qui ont réalisé une saison sportive relativement réussie jusqu’à maintenant. Mais je n’ai pas la clé." Depuis lundi, de nombreuses sources nous indiquent qu’aucun club de Top 14 ne devrait être relégué. Pour les montées, c’est encore flou. Aucun consensus n’a encore été trouvé. Si "financièrement ce serait quand même moins compliqué de pouvoir disputer quelques matchs, aussi peu soient-ils, d’ici cet été" notamment pour accompagner les partenaires et spectateurs, François Rivière se demande s’il "n’est pas plus raisonnable de se projeter sur la saison future." Il n’est évidemment pas le seul au regard de l’incertitude sur la situation sanitaire. "D’ici quinze jours, on en aura le cœur net", ajoute-t-il.

"Impossible de disputer l’ensemble du championnat"

Ce qui semble désormais accepté et digéré par tous, c’est que le championnat ne pourra pas avoir lieu dans son ensemble. "C’est impossible, confirme Rivière. Il nous restait sept matchs de saison régulière à jouer, quarts de finale, demies et finale, c’est impossible. Plus le match de barrage. Ça fait onze journées. Ou alors il faudrait jouer jusqu’à fin août. Mais tout le monde l’a compris. Reste à savoir si on pourra mettre en place un système de play-off qui aurait beaucoup de sens financièrement mais je ne sais pas si on y sera autorisé sur un plan sanitaire, avec 14.000 personnes dans un stade…. Tout dépendra de l’évolution de la pandémie, des tests et des traitements. Il faut être très prudent et réaliste."

Et si la saison venait à être figée sans la moindre accession en Top 14, quel serait la réaction de Perpignan, actuel deuxième? "Ce serait une grande déception, ça ne serait vraiment pas mérité pour l’USAP et pour Colomiers qui est premier. Il faut absolument que les conférences des présidents arrivent à trouver les moyens pour que les clubs ne repartent pas tout à fait dans le même contexte. On ne peut avoir fait tout ce que l’on a fait et rayer tout ça d’un trait de plume. Je me battrai à mon niveau pour qu’on témoigne à certains clubs qui ont fait des efforts particuliers de leur réussite sportive en vue de la saison prochaine." Sous quelle forme? Certains présidents étudieraient la possibilité que le classement actuel puisse avoir des conséquences sur celui au début de la saison prochaine. Le casse-tête est loin d’être terminé.

Jean-François Paturaud