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Rafael, 22 ans, rugbyman au Barça !

Lors d'un match de championnat du Barça face à Sitges

Lors d'un match de championnat du Barça face à Sitges - -

Etudiant en communication, Rafael Staat Garcia évolue dans la section rugby du géant catalan. Avec le même maillot que les joueurs de Josep Guardiola. Mais sans le salaire ni les conditions de travail des stars du Camp Nou.

Rafael Staat Garcia n’est pas le plus connu des joueurs du FC Barcelone. Et pour cause. Cet étudiant en communication évolue dans la section rugby du célèbre club catalan. Avec un statut amateur. Loin du Camp Nou et de ses stars. Pour se rendre à l’entraînement, il utilise le métro. Au nord-ouest de la ville, sur un terrain synthétique situé en bordure d’autoroute, l’arrière de 22 ans enchaine les séances avec la tunique blaugrana. Ici, pas de tribunes. Encore moins de public. Juste des mobil-homes qui servent de vestiaires. « C’est le vrai monde amateur, constate Rafael. On bosse tous la journée. Il faut qu’on cale quelques séances de musculation en pleine semaine. On doit se libérer le week-end pour aller jouer les matches. Ça arrive fréquemment qu’il manque la moitié de l’équipe parce que les gars sont au boulot. »
Mis à part le maillot, les rugbymen du Barça n’ont rien en commun avec Lionel Messi et Andrès Iniesta. « On a quand même un fan-club, s’amuse le natif de la région parisienne. Quand on a joué le derby, ils étaient… dix ! Il y avait une ambiance énorme. C’était la folie. » Venu en Espagne pour étoffer son CV, Rafael a découvert l’existence de la section ovalie sur internet. « Je me suis présenté et j’ai été pris tout de suite. Sans aucune détection, glisse-t-il. Lorsque tu arrives, tu t’imagines plein de choses. Un grand stade, des milliers de supporters… et puis tu retombes vite sur terre. »

« Je me suis fait chambrer par Puyol et Bojan »

Loin d’être amer, l’ancien joueur de Fédérale 3, qui vit en collocation avec trois de ses coéquipiers et un hockeyeur suédois, se montre plutôt compréhensif. « C’est normal qu’on ne soit pas dans les mêmes conditions que les pros. On ne rapporte rien au club. On leur coûte plus qu’autre chose. Pour remplir les caisses de la billetterie, limite on paye nos potes en leur disant : ‘restez, il y a de la bière à la fin.’ » S’il souhaite voir un match au Camp Nou, Rafael doit payer sa place. Il ne s’en offusque pas et se contente volontiers de la petite dotation vestimentaire que le club lui a remise en début de saison. Il ne se rend au « grand stade » que pour aller à l’infirmerie. « J’ai vu plusieurs fois le basketteur Navarro là-bas, s’enthousiasme-t-il. Je me suis aussi fait chambrer par Puyol et Bojan une fois. Je voulais me lever pour leur laisser ma place. Mais ils m’ont dit de me rassoir. Une fois que t’es dans la maison, ils te traitent comme un mec de la famille. » Une famille prestigieuse. Enfin, pas pour tout le monde…

Alexandre Jaquin avec Julien Landry, à Barcelone