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Réglementation antidopage : les présidents de clubs inquiets

L’Agence française antidopage a tenté de rassurer les présidents des clubs du Top14 dans le cadre de la mise en place du nouveau programme de localisation des joueurs.

A Marseille, à quelques heures du coup d’envoi du test match France-Argentine, une réunion extraordinaire s’est tenue avec pour principaux acteurs l’Agence française de lutte antidopage et les présidents des clubs de Top 14. Au menu, la présentation du nouveau programme de localisation des joueurs, prévu pour 2009 en conformité avec les règles édictées par l’Agence mondiale antidopage. Signe de l’importance du rendez-vous étaient aussi présents côté fédéral, Christian Bagatte, en tant que président de la commission médicale de la FFR, et Serge Simon, ancien président de Provale, le syndicat des joueurs. Les hommes de l’AFLD, emmenés par le responsable des contrôles, Jean-Pierre Verdy, n’en n’étaient pas à leur première opération séduction. Lundi, l’Agence était à Marcoussis pour informer les Bleus. L’essentiel du nouveau dispositif concerne la localisation des joueurs. « A partir du 1er janvier, on demande aux joueurs de nous envoyer un calendrier de localisation quotidienne. Au début on leur demandera de nous adresser un calendrier hebdomadaire, mais à terme il faudra qu’ils nous envoient un planning trimestriel… » Comme cela se pratique notamment en athlétisme et en natation. Cette contrainte concernera un groupe cible d’une cinquantaine de joueurs, pour l’essentiel des internationaux, mais également des étrangers évoluant dans les principaux clubs du championnat d’élite. Les nouvelles règles seront étendues aux clubs de ProD2 en septembre 2009. Les présidents de clubs, présents à la réunion de samedi, ont jugé que ces contraintes « portaient atteinte à la vie privée du joueur. » Des voix se sont également élevées pour savoir qui porterait la responsabilité en cas d’infraction dans un sport éminemment collectif. Enfin, certains ont questionné l’efficacité des tests urinaires. A sa manière très personnelle, l’AFLD a rassuré en répondant que les prélèvements urinaires seraient non seulement efficaces, mais qu’ils seraient assortis de tests de sang et de phanères (cheveux et poils). « On a surtout voulu expliquer, qu’il n’y avait pas le choix, résume Jean-Pierre Verdy. Tout ça n’est pas une lubie de l’AFLD, c’est le nouveau code mondial antidopage transcrit dans la loi française avec le code du sport. Mais on va prendre notre temps, parce que là, on est devant un vrai changement de mentalités. »

La rédaction