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Rugby: des résultats décevants, un sélectionneur pointé du doigt... Comment la machine All Blacks s'est enrayée

Au terme d’un match haletant à Johannesburg, les All Blacks ont battu l’Afrique du Sud 35-23 samedi, mettant fin à une triste série de cinq défaites en six matchs. Les Kiwis et leur coach respirent un peu mieux, mais la crise, entamée depuis quelques mois, n'est pas si loin...

Quand à la 68e minute du match, une pénalité d’Handré Pollard permettait à l’Afrique du Sud de mener pour la première fois du match (23-21), la défaite a semblé de nouveau inévitable pour les All Blacks, dépassés par la puissance physique des Springboks.

Mais comme tout au long du match, avec détermination, et beaucoup plus d’envie de jouer que les semaines passées, les Néo-Zélandais ont renversé la situation grâce à un essai de David Havili suite à une relance fantastique de l’ailier Rieko Ioane. Ils ont même alourdi le score en toute fin de match pour un succès presque confortable 35-23 dans un match d’une grande intensité.

Après la rencontre, le sélectionneur Ian Foster a savouré, et s’est dit "incroyablement fier" de ses joueurs. Son capitaine Sam Cane, très critiqué ces dernières semaines, a lui mis en avant l’état d’esprit irréprochable de l’équipe pendant le match: "C'est dans l'adversité que le caractère est vraiment défié, et notre groupe en a plein."

Une période très délicate

Il faut dire que les dernières semaines ont été chaotiques pour le rugby néo-zélandais. Cinq défaites en six matchs face à l’Irlande, la France et l’Afrique du Sud. Avec en point d’orgue un revers 26-10 en Afrique du Sud le 6 août dernier, plus large défaite face aux Springboks depuis 1928.

Rien d’infamant sur le papier de perdre face aux trois meilleures équipes du monde à l’heure actuelle, mais cette série de matchs a fait redescendre les Blacks de leur piédestal. A un an de la Coupe du Monde, la meilleure équipe de l’histoire de ce sport n’est que la cinquième nation mondiale. Une première depuis l’instauration du classement de World Rugby.

Le sélectionneur sur la sellette

Et à force de défaites, les critiques sont tombées sur le sélectionneur Ian Foster. En poste depuis la fin de la Coupe du Monde 2019, l’homme de 57 ans n’a gagné "que" 17 de ses 26 matchs disputés avec les All Blacks. Très loin des standards de cette équipe championne du monde en 2011 et 2015 et demi-finaliste en 2019. C’est lui également qui a perdu pour la première fois de l’histoire contre l’Argentine en 2020.

Le Néo-Zélandais pourrait être limogé avant même de participer à la moindre Coupe du Monde, c’est en tout cas ce qu’appellent de leurs voeux de nombreux observateurs néo-zélandais. Le New Zeland Herald, plus gros journal du pays titrait lundi 8 août "It’s time to change", avec une photo du sélectionneur, affirmant qu’il était "l’un des pires entraîneurs de l’histoire des All Blacks."

Et quand l’équipe nationale va mal, tout le pays est concerné, même la Première ministre Jacinda Arden, questionnée à la sortie d’un conseil des ministres sur la mauvaise passe de l’équipe.

L’avenir d’Ian Foster toujours en question

Si la victoire face à l’Afrique du Sud permet sans doute à Ian Foster de respirer un peu mieux, sa place à la tête des Kiwis est loin d’être sécurisée. "Je ne sais pas, je vais juste profiter de ma soirée" a-t-il répondu à une question sur son avenir après la rencontre.

Le directeur général du rugby néo-zélandais Mark Robinson n’a pas été plus rassurant, affirmant qu’il fallait "faire le point sur cette petite période et prendre une décision." Si le sélectionneur est limogé, deux noms reviennent pour lui succéder : Joe Schmidt, ancien sélectionneur de l’Irlande et déjà membre du staff des All Blacks, et Scott Robertson, l’entraîneur de la franchise des Crusaders. Les Néo-Zélandais ont deux semaines avant le prochain match face à l’Argentine le 27 août pour choisir qui guidera les Blacks lors de la Coupe du Monde 2023 en France.

Pierre Thévenet