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Rugby : Les Sud-Africains étaient-ils dopés en 1995 ?

François Pienaar

François Pienaar - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L’émission Stade 2 s’est intéressée aux maladies rares qui ont touché des joueurs de rugby sud-africains dans les années 1990 comme Joost van der Westhuizen. On y apprend notamment que les Springboks étaient de grands consommateurs de vitamines B12.

Stade2 a tourné un documentaire choc en établissant le lien entre le décès de trois joueurs sud-africains d’une génération au milieu des années 1990, des maladies rares qui ont touché plusieurs autres joueurs et une prise systématisée de vitamines du côté des Springboks, sacrés champions du monde en 1995. Le reportage a été suffisamment pris au sérieux pour que l'International rugby board (IRB) ait créé une cellule de veille. Bernard Lapasset, président de l’IRB, a ainsi mis en alerte le président de la fédération sud-africaine de rugby et confié le rôle de communiquer dans la journée à son bras droit, l'Anglais Brett Gosper.

Des images bouleversantes de Joost van der Westhuizen, ancienne star sud-africaine (89 sélections, 38 essais) clouée dans un fauteuil depuis avril 2011 en raison de la maladie de Charcot¸ maladie neurologique incurable qui s’attaque aux fonctions du langage, des muscles respiratoires et de la moelle épinière, ont été diffusées. Mais aussi celles de Tinus Linee, qui a également porté le maillot des Springboks dans les années 90 et qui ne parle plus en raison d’une maladie qui touche 4 à 8 personnes sur 100 000, et d’Andre Venter (myélite transverse, une inflammation de la moelle épinière qui touche 1 personne sur un million). Il rappelle également le décès de Ruben Kruger, auteur de l’essai face à la France, décédé d’une tumeur au cerveau à seulement 39 ans.

Pienaar : « Les vitamines sont devenues interdites »

Si Joost van der Westhuizen et ses anciens coéquipiers estiment ne pas connaitre la cause de leur maladie, de nombreux anciens joueurs comme François Pienaar, capitaine des champions du monde 1995, révèlent avoir absorbé des vitamines B12 avant chaque match. Une ingestion qu’il n’estime pas comme dopante puisqu’ils rappellent ne jamais avoir été contrôlés positifs à une époque où les contrôles antidopage n’avaient rien à voir avec ceux d’aujourd’hui. Or, selon les spécialistes, les vitamines B12 accompagnent l’EPO pour en accentuer les effets. Et, en 1995, l’EPO n’était pas détectable… « On était des amateurs, on s’entrainait très dur. On prenait des vitamines, c’est la réalité mais il n’y avait rien d’illégal, explique François Pienaar dans le reportage. C’était des vitamines mais plus tard, elles sont devenues interdites alors on a arrêté. Aujourd’hui, vous ne pouvez même plus prendre de caféine. Quand on est devenu pro, on a tout arrêté. »

« En tant que sportif à cette époque-là, il y a une certaine cohérence dans leur titre de champion de monde, surtout qu’on était encore dans le monde amateur, rappelle Laurent Cabannes, ancien troisième ligne du XV de France qui avait affronté les Boks en demi-finale de la Coupe du monde et qui a également évolué en Afrique du Sud. C’est un parcours classique, ce n’était pas une équipe qui avait surnagé, dominé, tout le monde de manière outrageante. » En conclusion, le reportage met également en évidence une culture du tout physique dans le rugby sud-africain où la prise de stéroïdes ou d’anabolisants apparait comme l’un des passages obligés dans les écoles de rugby pour gagner en masse musculaire. France 2 rappelle ainsi qu’en 2013, sur 10 contrôles positifs dans le rugby sud-africain, quatre concernent des mineurs.

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NC avec LD