RMC Sport

Saint-André : « Je ne me suis jamais senti aussi bien »

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Au lendemain de la défaite contre l’Irlande (20-22), Philippe Saint-André a fait le bilan du Tournoi des VI Nations ce dimanche. Le sélectionneur du XV de France assure que les critiques dont il a été l’objet ne le touchent pas.

Philippe Saint-André, quel bilan faites-vous au lendemain de la fin de ce Tournoi des VI Nations ?

Ce Tournoi est plus positif que la saison dernière, avec trois victoires (26-24 contre l'Angleterre, 30-10 contre l'Italie, 19-17 en Ecosse, ndlr). Même si on en voulait une quatrième. On a encore étoffé le groupe avec de nouveaux joueurs qui sont rentrés dans ce VI Nations 2014. On a des joueurs qui commencent à prendre l’expérience du très, très haut niveau et à mettre en place un système de jeu.

Comment avez-vous vécu les critiques ?

Je ne me suis jamais senti aussi bien, aussi positif, aussi prêt des joueurs. J’ai l’impression de me retrouver quand j’étais joueur, capitaine, et qu’on disait qu’on était complètement à côté. Et puis on relevait la tête, on avançait. Je n’ai aucun problème à être le bouc-émissaire. Mais laissez travailler. On a des joueurs humbles, travailleurs, qui veulent réussir. L’attitude de Pascal (Papé) et des joueurs a été exceptionnelle, que ce soit en Ecosse ou hier après-midi (samedi).

Dans quel domaine le XV de France doit-il progresser ?

J’aimerais qu’on puisse avoir une régularité énorme dans les intentions, l’intensité. On se dit que les Français, vraiment… Quand on voit la performance qu’on fait en Ecosse (17-19) il y a quinze jours et ce qu’on est capable de faire contre l’Irlande… On est capable de gagner contre les meilleures nations du monde et d’avoir des matchs très, très compliqués contre d’autres. C’est là-dessus qu’il faut qu’on progresse. Il faut qu’on ait une meilleure marge au niveau de la justesse technique et de l’intensité physique. Contre l’Italie, on mène 30-3 et après, on n’a pas le « killer instinct », pour tuer les équipes. On prend un carton jaune, un carton rouge et on n’a plus un ballon pendant les 20 dernières minutes.

A 18 mois de la Coupe du monde, avez-vous dégagé une ossature ?

On a nos deux talonneurs, même s’ils ont été blessés pendant le Tournoi (Dimitri Szarzewski et Benjamin Kayser, ndlr). Louis Picamoles est notre n°8, couvert par Damien Chouly. En demi de mêlée, on fait confiance à trois joueurs depuis le début (Maxime Machenaud, Morgan Parra, Jean-Marc Doussain). En demi d’ouverture, on a vraiment fait confiance à Frédéric Michalak à un moment donné. Hélas, il a perdu du temps de jeu et n’a plus joué du tout demi d’ouverture dans son club (Toulon). Il a fallu retrouver des solutions. D’un autre côté, on se dit qu’à ces postes-là, on a maintenant trois, quatre joueurs. On a des certitudes dans la ligne 2-8-9-10-15. Mais avec les blessures, les méformes, c’est très compliqué de mettre en place cette ossature et de pouvoir jouer cinq, six tests avec.

Etes-vous intéressé par la prochaine disponibilité de Rory Kockott pour le XV de France ?

On s’intéresse à tous les joueurs susceptibles d’être sélectionnables pour l’équipe de France. Rory Kockott, c’est très loin, c’est au mois de juillet. Là, on va penser au mois de juin et à préparer notre groupe. On va suivre les matchs de H Cup et de Top 14.

A lire aussi :

>> France – Irlande : promesses presque tenues

>> Le classement des VI Nations

>> EN IMAGES : les filles et les U20, le rugby français qui gagne !

Propos recueillis par Laurent Depret