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Saint-André : "Que l’équipe de France redevienne une priorité pour les clubs"

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

Le sélectionneur du XV de France a commenté le début de Top 14, le retour de Frédéric Michalak et les échéances à venir des Bleus dans l'émission le "Moscato Show" sur RMC.

La tournée de novembre (Australie, Argentine, Samoa)

"L’objectif, c’est de trouver une osmose entre la jeune génération et les joueurs d’expérience. D’avoir une identité, de faire de très bons matches et d’essayer de gagner, de se faire plaisir pour arriver au Tournoi des VI Nations avec beaucoup de confiance. Perdre contre les Anglais au Stade de France, ça reste en travers de la gorge. Donc ce match à Twickenham, il va falloir bien le préparer. Jouer en équipe de France, ce n’est que du bonheur. Donc je veux que les joueurs viennent avec le sourire, avec la banane. Ils vont représenter leur pays, le rugby français. Je veux qu’on enlève le frein à main, qu’on se donne à 350%. Je veux que les jeunes mouillent le maillot. Dans le rugby, on doit être des chiens. Ne rien lâcher."

La recherche d'un numéro 10

"On a déjà essayé trois demis d’ouverture : Lionel Beauxis, François Trinh-Duc et Frédéric Michalak. Il y a des jeunes qui sont en train de devenir titulaires, à Castres, à Bègles-Bordeaux, au Stade Français. Il y a énormément de jeunes qui ont eu une formation de demi d’ouverture puis qui ont changé de poste, comme Morgan Parra, Maxime Mermoz. On a très souvent délaissé ce poste. On n’a pas de joueurs comme Dan Carter, avec les deux pieds, de la justesse technique. Il faut vraiment un travail de fond. Les clubs travaillent, se remettent en question. Et puis c’est un poste à maturité longue. Frédéric Michalak a amené de la maturité en Argentine. Il a fait un deuxième test de grande qualité. Il a fait 50-60 minutes très intéressantes avec Toulon contre Bègles-Bordeaux. Il a fini à la mêlée. On en a parlé avec Bernard (Laporte). Le talent ne suffit pas sans énormément de travail. Les meilleurs, ce sont qui travaillent le plus."

Le manque de temps

"Les Australiens vont être ensemble pendant quatre mois. Et les Argentins aussi. Ce n’est pas moi qui décide. Il y a le président de la Fédération, la Ligue... Il y aura la renégociation du statut du joueur en 2013. Ce qu’il manque, c’est le développement du joueur. Le jeune joueur de l’équipe de France a eu quatre semaines de vacances quand il est rentré d’Argentine. Et au bout d’une semaine, il a joué son premier match amical. Donc c’est difficile pour lui de s’améliorer physiquement, techniquement, de retravailler les gammes. S’il fait 110kg en développé-couché et que tu lui donnes un objectif de 140kg, il lui faut cinq semaines de préparation. C’est le vrai problème. Dans l’hémisphère sud, ils ont trois mois de développement. Les Gallois, ils ont trois fois du développement durant la saison. Le Top 14 nous prépare à des matches de "muerte". C’est pour ça que, tous les quatre ans, on sait gagner ces matches-là. Mais il faut que l’équipe de France redevienne une priorité pour les clubs."

Les nouvelles règles

"On va avoir un petit peu de chance. Ces nouvelles règles commenceront au mois de novembre. Nos joueurs français auront eu un temps d’adaptation, puisqu’ils jouent avec depuis le mois d’août. Les trois premières journées ont été compliquées, mais il y a eu une grosse amélioration ce week-end. Lors de Clermont-Racing (13-12), les mêlées étaient belles, propres. Il y a eu de beaux lancements de jeu. Je pense qu’au mois de novembre, nos piliers français, même s’il n’y en a pas énormément, se seront adaptés. C’est la première fois qu’on aura une petite avance."

Le déficit de spectacle en Top 14

"On est le seul championnat au monde avec deux descentes. Il y a énormément de pression. Quand tu perds ton premier match à domicile, tu as déjà la pression. Mais on voit quand même des matches de qualité, comme Toulon - Bègles-Bordeaux, Clermont-Racing. Il y a eu beaucoup d’intentions, de jeu. On commence à voir des matches de meilleure qualité. Grenoble a également été impressionnant. Pour une équipe qui était en deuxième division, avoir trois victoires en quatre matches, il faut la féliciter. Et notamment son entraîneur, Fabrice Landreau."

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