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Simon : « Le phénomène Chabal, c’est un accident »

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Lundi, Philippe Saint-André dévoilera sa liste des 30 joueurs pour le prochain tournoi des VI nations. Mais depuis les retraits de Chabal ou Michalak, difficile d’isoler une figure de proue dans le XV de France.

Ces dernières années, le XV de France a eu Chabal et Michalak. Mais quid aujourd’hui ? En quelle star la France peut-elle se reconnaitre ? Si Thierry Dusautoir fait l’unanimité dans le microcosme du rugby, son aura n’est peut-être pas aussi influente aux yeux du grand public. Mais le rugby n’en a pas besoin selon Serge Simon, membre de la Dream Team RMC Sport. « Quelles sont les stars du rugby ? C’est vraiment une question de footballeur. Le rugby est antinomique avec cette conception de la starification d’un joueur. Il y a eu et il y a des phénomènes de starifications. Aujourd’hui, c’est Jonny Wilkinson. Mais il y a eu Sébastien Chabal, Jonah Lomu, Jean-Pierre Rives, Serge Blanco, etc. Mais c’est rarissime. Si on prend cent spectateurs, je ne pense pas qu’il y en ait un qui dise : « Moi, je viens pour voir untel ou untel. » Non, ils viennent au stade pour voir leur équipe massacrer, dominer, châtier, enfoncer, détourner l’adversaire. Il y a quelque chose de collectif.

S’il faut citer une « star » aujourd’hui, c’est Thierry Dusautoir. Il est ancré en équipe de France, il est timide et réservé mais il dégage quelque chose d’extraordinaire. Et en même temps, Dusautoir, c’est l’antistar. Le cas Chabal, c’est un cas marketing rarissime. C’est une comète. Avec Jonah Lomu et Jean-Pierre Rives, ce sont les seuls qui ont dépassé le cadre du terrain pour devenir un phénomène publicitaire, marketing et de communication mondiale. »

« Il ne s'agit pas d'aller singer le football »

« On veut s’ouvrir à d’autres rugbys, poursuit Serge Simon. Mais je suis ceux de ceux qui pensent que le rugby n’est pas loin d’atteindre un niveau de développement sur lequel il peut très bien se satisfaire. Et les gens qui pensent qu’il y a une croissance infinie qui peut nous rapprocher du football se mettent les crampons dans l’œil. C’est faux ! Il ne s’agit pas d’aller singer le football qui est loin devant tous les autres, le nôtre en particulier. Il faut arriver à un système où le spectacle est joli, où le spectacle est florissant, où les stades sont pleins. On n’en est pas loin.

Donc l’idée de devoir développer une stratégie de starification pour attirer encore un peu plus, je n’en vois pas vraiment l’utilité. J’ai adoré le phénomène « Chabal », j’ai trouvé ça extrêmement charmant. J’ai adoré. Mais c’est un accident. S’il y en a un autre, tant mieux. Mais pas besoin d’aller en fabriquer. »

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Serge Simon