RMC Sport

Top 14 – Bouscatel : « Indigne d’un président de Ligue »

René Bouscatel

René Bouscatel - AFP

Le président du Stade Toulousain René Bouscatel et le président de la Ligue Nationale de Rugby Paul Goze se querellent actuellement au sujet de la nouvelle convention établie entre la Ligue Nationale de Rugby et la Fédération Française. Et la tension ne retombe pas.

« Le championnat est surtout faussé quand il ne gagne pas. » La réponse, cinglante, a fusé de la bouche de Paul Goze, le président de la Ligue Nationale de Rugby lors de la présentation de la saison cette semaine. Elle faisait écho aux dernières déclarations de René Bouscatel, le président du Stade Toulousain, qui ne digère pas la nouvelle convention passée entre Ligue et Fédération qui dicte les règles de mises à disposition des 30 internationaux de la liste « élite » pour le XV de France, dont six sont Toulousains (Maestri, Bézy, Doussain, Fickou, Huget, Médard). Au total, les joueurs en question pourraient manquer huit matchs de Top 14 avec leur club pour un meilleur confort dans la préparation des rendez-vous avec les Bleus.

Mercredi soir, pour RMC Sport, en marge de la présentation de son équipe aux partenaires et abonnés, Bouscatel a contre-attaqué : « C’est un discours de syndic de copropriété s’adressant à une assemblée de copropriétaires, pour museler le débat et faire taire tout le monde parce qu’on sait qu’une heure après on va se séparer et on se retrouvera un an après pour la même assemblée générale… Elle est indigne d’un président de Ligue, qui se doit de respecter chaque club. » Extrêmement remonté, Bouscatel ne se dit pas contre cette convention. Mais c’est le timing de son application (elle a été validée en Assemblée Générale des deux instances les 2 et 9 juillet) qui provoque son courroux.

« Des raisons purement électorales »

« Je ne suis pas contre cette convention. Je suis même pour les règles éditées. Mais il fallait qu’elles soient accompagnées de vraies mesures pour les clubs qui fournissent les internationaux. C’étaient d’ailleurs les conclusions de la cellule technique mise en place par la FFR après la Coupe du monde. Il fallait reprendre toutes les propositions dans leur ensemble pour plus de cohérence. Mais pour des raisons purement électorales, de futures élections à la Fédération, le comité directeur de la Ligue et la FFR se sont entendus sans les mesures adéquates pour accompagner les clubs. »

Ce qui n’est pas forcément exact : le club est indemnisé à hauteur de 1300 euros par jour et par joueur (le président du Racing 92 Jacky Lorenzetti réclamait entre 2000 et 3000 euros). « Selon moi, ça fait 144 000 euros par international si celui-ci participe à tous les rassemblements du XV de France lors d’une saison » précise Bouscatel. Mais selon lui, « on ne remplace pas un international avec ce budget-là. Les calculs sont mauvais. Charges comprises, on avoisinerait les 600 000 euros par saison pour un joueur de ce niveau ». Surtout, il regrette que cette convention, signée au début de l’été, ait une valeur rétroactive puisqu’elle est applicable cette saison et a été ratifiée une fois les mutations terminées. « Nous n’avons pas pu nous préparer à cela » peste-t-il. 

« Nous nous retrouverons »

D’autant que dans l’exemple du Stade Toulousain, si un seul avant, en la personne de Yoann Maestri, figure sur la liste « élite », ce ne sont pas moins de cinq trois-quarts qui l’accompagnent. Et parmi ces trois quarts, deux postes sont particulièrement impactés : Bézy et Doussain à la mêlée et Médard et Huget à l’arrière. « Et imaginez qu’on recrute à ce poste et que les joueurs de la liste ne soient pas sélectionnés ! Quelles conséquences en terme de management au sein du groupe ? ». L’œil noir, il promet de ne pas en rester là. « Il faut vraiment avoir de l’estomac pour avoir les réponses données par Paul Goze. On nous met en difficulté. Mais malgré ça nous réussirons. Et je le dis à Paul Goze : nous nous retrouverons ». Ambiance…

Wilfried Templier