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Bayonne-Biarritz : Un derby en fusion

Iain Balshaw plaqué par Dwayne Haare

Iain Balshaw plaqué par Dwayne Haare - -

Distancés dans la course au Top 6, Bayonne et Biarritz s’affrontent ce vendredi (20h50) dans un derby basque bouillant qui relancera, une fois de plus, les questions autour d’une éventuelle fusion entre les deux clubs.

Alain Afflelou n’a pas attendu l’approche du derby entre Bayonne et Biarritz pour relancer, fin janvier, un éternel débat : celui d’une fusion entre les deux grands clubs basques. Le lunettier affirmait même avoir trouvé un accord avec Serge Blanco, son homologue biarrot, sur le sujet. Ce dernier a vite démenti et depuis, le soufflé est retombé. Mais la question reste latente et les retrouvailles entre les deux équipes, respectivement 11e et 10e du Top 14, ce vendredi à Jean-Dauger (20h30), ravivent ce « serpent de mer » qui divise. Certains comme Xabi Belin, président de l’association des Socios de l’Aviron, n’échangeraient pour rien au monde la ferveur qui entoure ce choc avec le voisin ennemi. « Le stade est en plein centre-ville et, à partir de 17h, les gens vont se ruer dans le petit Bayonne, cela va être animé, c’est joyeux, s’enthousiasme-t-il. C’est une ambiance de fête particulière, on est dans une petite agglomération. Je pense que c’est un cas unique. »

Les autres avancent le climat économique qui lèse le BO et l’Aviron dans la course à l’armement face aux grosses cylindrées du Top 14. « On est confrontés à des équipes et à des régions qui ont des moyens financiers autres, explique José Urquidi, président de l'association des anciens du BO. Il faudra arriver à ce qu’il y ait une équipe qui soit représentative de l’entente Bayonne-Biarritz au niveau professionnel. On n’a pas le bassin économique qui permet d’entretenir des équipes à ce niveau-là. »

Un historien : « Les deux clubs s’observent pour savoir lequel va enterrer l’autre »

Côté terrain, si l’odeur du soufre d’un derby n’incite pas les joueurs à se montrer trop favorables à une entente basque, l’environnement extérieur rattrape le sportif. « Je souhaiterais que cela reste en l’état, avoue Jérôme Thion, deuxième ligne biarrot. Mais les facteurs économiques ont bien plus de poids que ce que l’on peut espérer ou ressentir. » En résumé, les différents acteurs s’accordent majoritairement sur la nécessité d’un rapprochement… qui tarde à trouver sa place. En raison d’un grain de sable qui repousse constamment l’échéance. « On a pris beaucoup de retard parce que pour faire une fusion il faut avoir un stade, tranche Jean-Louis Berho, « historien » du derby basque auquel il a consacré un livre. A l’heure actuelle on n’a même pas semé la moindre graine pour en faire pousser un. Je pense que cela ne se fera jamais. Ce qu’on a lu à ce sujet, ce sont tous des effets de manche pour faire vendre du journal. »

Berho se montre même très pessimiste sur la survie des deux clubs dans l’élite. « Personne n’y croit vraiment ici, d’autant plus que Bayonne et Biarritz s’observent pour voir lequel des deux va mourir le premier, lequel va enterrer l’autre et rester dans le Top 14. » Aretz Iguiniz, talonneur bayonnais et unique basque de l’Aviron, apporte un embryon de réponse à ces inquiétudes. « Tant que les deux clubs arriveront à avoir de bons résultats, les deux clubs existeront, rassure-t-il. Mais si un jour il doit y avoir fusion, il y aura fusion et on verra ce qu’il se passe. » Une sélection « Côte basque-Landes » a déjà été formée en novembre dernier pour affronter le Japon. « Cela s’est très bien passé, se souvient Jérôme Thion. Mais ce n’est pas le Top 14, ce n’est pas un championnat, c’est différent. »

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Et sinon, sur le terrain ?|||

Au-delà du débat sur la fusion des deux clubs, le derby ne manquera pas d’enjeux sur le terrain. Battu à Aguiléra (16-15) au match aller sur une pénalité de Boyet à la dernière minute, le BO reste sur une nouvelle défaite à domicile face au Racing-Métro (23-11) qui les éloigne un peu plus du Top 6 (10e à 9 points de la 6e place). « On essaye de ne pas trop parler de derby, justement pour se préparer, déclare Imanol Harinordoquy. On va l’aborder comme un match où l’on a besoin de points après la déconvenue que l’on a connue samedi dernier. On va bien penser un peu plus à nous. C’est la meilleure manière de préparer ce match. » Onzième du classement et largué de la course aux phases finales (15 points de retard sur la 6e place), l’Aviron a, au contraire, beaucoup misé sur la fibre de la suprématie régionale. « Ici, tout le monde sait à quel point cela compte, rappelle l’ailier Marvin O’Connor. On va tout faire pour gagner ce match qui est pour nous le match de la saison. Il n’y a pas de question à se poser, il faut gagner. »

NC avec EA

Nicolas Couet avec Olivier Schwarz