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Bordeaux-Bègles: "J’ai les crocs", lance Alexandre Flanquart

Peu utilisé en début de saison, Alexandre Flanquart (31 ans, 22 sélections) monte en puissance à l’image de l’Union Bordeaux-Bègles qui a enchainé deux cartons contre Agen et Bayonne. Le deuxième ligne espère que son club va poursuivre sur cette lancée lors des trois prochains matchs à l’extérieur. Il se confie à RMC Sport.

Alexandre Flanquart, l’UBB reste sur deux larges victoires bonifiées contre Agen (71-5) et Bayonne (43-19). Cela doit faire du bien au moral après un début de saison mitigé?

Oui, ça fait beaucoup de bien. On en avait besoin après trois défaites, et surtout celles contre Lyon et La Rochelle qui ont fait mal à la tête. Au-delà des scores, on avait besoin de faire de bons matchs, repartir de l’avant et se rassurer.

Qu’est-ce qui a changé?

Pas grand-chose, si ce n’est peut-être une petite prise de conscience. On était sur la clôture de la saison passée avec la fin de la Coupe d’Europe et tout le monde a finalement pris conscience que nous étions repartis sur une nouvelle saison. On avait peut-être besoin de prendre un petit coup de pied aux fesses pour repartir de l’avant.

La saison dernière a été prématurément achevée alors que l’UBB était largement en tête du classement. Cela a été difficile à digérer?

Oui, ça n’a pas été évident. C’était la meilleure saison de l’UBB, ça fait mal de la terminer comme ça. On ne peut pas y faire grand-chose. Nous avions l’opportunité de clôturer tout ça avec la Challenge Cup, malheureusement cela n’a pas été le cas malgré un gros match à Bristol. On comptait sur la Coupe d’Europe pour tourner la page, et ça ne s’est pas terminé comme on l’espérait.

N’étiez-vous pas tombés dans un certain confort?

Non, pas dans les discours ni dans le groupe. Peut-être qu’individuellement il y eu un peu de relâchement ou de complaisance, mais pas collectivement. Tout le monde a conscience que nous n’avons rien fait. On n’a rien gagné et tout pouvait arriver dans les deux sens. On est reparti à zéro.

Après la défaite à Lyon, Christophe Urios avait piqué sa gueulante en conférence de presse. Cela avait-il piqué l’orgueil des joueurs?

Oui, évidemment quand ton coach réagit comme ça, ça pique un peu tout le monde, collectivement et individuellement. Il s’est senti trahi par l’équipe, avec une grosse déception. Le groupe a réagi, pas tout de suite visiblement vu la défaite à La Rochelle. Lors du match à Pau, il y a eu un vrai réveil même si on ne le gagne pas.

Faut-il relativiser ces deux gros succès face à des adversaires de bas de tableau?

Evidemment, il faut relativiser les résultats et les prestations, mais, comme le disait Christophe (Urios) la semaine dernière, les 71 points contre Agen, il fallait les mettre. C’est pareil pour les 43 contre Bayonne. Ce ne sont pas les équipes en forme du moment, mais ça reste des performances importantes pour nous. On a réussi à se retrouver, à mettre notre jeu en place et à répondre présent dans l’intensité. On sait que nous ne sommes pas encore totalement au point, il reste du boulot. Mais ça vient petit à petit. On sait aussi que nous sommes plus attendus après la saison dernière, même si, encore une fois, nous n’avons rien gagné malheureusement.

"Tout est devant moi"

A titre individuel, vous semblez être en passe de retrouver votre meilleur niveau après avoir peu joué en début de saison, avec trois feuilles de match comme remplaçant en Top 14 avant une première titularisation face à Bayonne. Comment l’avez-vous vécu?

J’avais des fourmis dans les jambes, surtout après la saison dernière. Je revenais bien, je me sentais en forme et la fin de saison prématurée m’a un peu coupé l’herbe sous le pied. Sur la fin de préparation physique estivale, j’ai eu quelques petits pépins au dos, rien de méchant. Je n’ai donc pas été aligné contre Brive pour notre premier match. Après, Christophe avait gardé le même groupe pour la Coupe d’Europe. Forcément, une dynamique s’installe et ce n’est pas évident de revenir dans le groupe. J’ai continué à bosser, j’ai pris mon mal en patience et je me suis accroché. Ça paye sur les derniers matchs.

Etes-vous déçu de ne pas avoir pu encore pleinement vous exprimer depuis que vous êtes arrivés à Bordeaux-Bègles?

Oui, je sais que je n’ai pas accompli mes objectifs qui sont élevés. Je n’ai pas apporté mon potentiel maximum. Pour moi, c’est très frustrant. Mais tout est devant moi et je sais que je peux encore beaucoup apporter.

Quand vous avez débarqué à l’UBB en 2019 en provenance du Stade Français, c’était pour être titulaire et gagner des titres…

(Rire) Oui, et c’est toujours le cas. L’objectif est d’être titulaire, de gagner avec Bordeaux et d’être à mon meilleur niveau pour moi et le club. Tant que je n’y serai pas parvenu, je serai déçu. Mais c’est loin d’être terminé et je sais que j’ai une marge de progression.

N’avez-vous pas une vraie carte à jouer actuellement sachant que Cyril Cazeaux a été appelé en équipe de France et Guido Petti avec l’Argentine?

Oui, clairement. Je me sens bien. Collectivement, c’est maintenant que l’on va écrire la suite de la saison. Les trois matchs d’affilée à l’extérieur (Castres, Stade Français et Montpellier) vont énormément compter. A titre personnel, je vais avoir la chance de jouer et c’est maintenant que je dois apporter mon maximum au groupe. J’aurai du temps de jeu, et je sais qu’en enchainant, c’est là où je suis le meilleur. J’ai les crocs bien sûr, encore plus en ce moment. J’ai besoin de ces semaines de boulot pour être à 100% et jouer à mon meilleur niveau. Christophe (Urios) attendait ça pour me faire enchainer.

Jean-François Paturaud