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Boudjellal, Revol et « la guerre »

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Le torchon brûle entre le président du RCT Mourad Boudjellal et son entraîneur Bernard Laporte d’un côté, le président de la Ligue nationale de rugby (LNR) Pierre-Yves Revol de l’autre. Ce dernier, ulcéré par les propos du tandem toulonnais, a durement attaqué les deux hommes ce vendredi. Et ce n’est pas fini…

Tout a commencé le 8 janvier dernier. Toulon, en déplacement à Clermont pour le compte de la 15e journée de Top 14, s’incline 25-19 malgré un bon match. A l’issue de la rencontre, le président toulonnais Mourad Boudjellal furieux évoque une « sodomie arbitrale ». Des propos qui font l’effet d’une bombe dans le milieu policé des instances du rugby tricolore. Convoqué par la commission de discipline de la Ligue le 25 janvier, il lâche une nouvelle salve la veille de sa comparution : « Le rugby français est à l’image de la France conservatrice et franchouillarde qu’il représente. Bien sûr qu’il est raciste. »

Le lendemain, Boudjellal écope d’une suspension de 130 jours. Sanctionné pour « atteinte à l'image du rugby, à l'éthique et à la déontologie sportive », il est privé d'accès « lors des matchs officiels à l'enceinte de jeu, aux vestiaires ainsi qu'au couloir d'accès à ces zones. » Une décision contestée le soir même sur l’antenne de RMC par le président toulonnais, qui se dit prêt à recourir au droit français si sa peine n’est pas aménagée. L’audition, dont aucune image n’a filtré, semble pourtant s’être déroulée dans un climat de courtoisie. A la sortie de l’audience, Boudjellal et Pierre-Yves Revol seront même aperçus buvant un verre ensemble.

Boudjellal : « S’il faut aller à la guerre… »

Mais c’est de Bernard Laporte que va surgir une nouvelle lame de fond. En conférence de presse jeudi, le manager toulonnais accuse Revol de « conflit d’intérêt ». Il reproche notamment au président de la Ligue de participer aux transferts de son ancien club du Castres Olympique.

La réponse de Revol ne tarde pas. Dans un communiqué publié ce vendredi, il s’insurge : « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! On va parler d’éthique à l’occasion d’une assemblée générale des clubs extraordinaire. » Annoncée lundi, cette assemblée promet : « Ceux qui veulent faire passer l’arbitrage et la LNR pour le royaume des copains et des coquins, et sont en train de salir le rugby et ses institutions, n’ont qu’à se présenter aux élections. » Joint par RMC Sport vendredi soir, Boudjellal avoue ne pas avoir pris connaissance du communiqué et révèle avoir eu Revol au téléphone dans la journée pour discuter d’un aménagement de sa suspension. A l’écoute des attaques de président de la Ligue, il rétorque : « Si Revol veut la guerre, on ira à la guerre. » Personnage iconoclaste du rugby depuis son arrivée à la tête du RCT en 2005, Mourad Boudjellal semble avoir bousculé les vieux sages du rugby français une fois de trop. Entre Revol et lui, à l’issue de ce duel dispensable, il y aura sûrement un perdant…

Le titre de l'encadré ici

L’affaire Boudjellal en cinq dates|||

- 8 janvier 2012
Toulon s’incline à Clermont 25-19. Boudjellal évoque une « sodomie arbitrale ».

- 24 janvier
La veille de sa comparution devant la commission de discipline de la Ligue, il accuse le rugby français d’être « raciste ».

- 25 janvier
Boudjellal et condamné à 130 jours de suspension pour « atteinte à l'image du rugby, à l'éthique et à la déontologie sportive ». Il est privé d’accès au stade les jours de matches.

- 26 janvier
En conférence de presse, Laporte accuse Pierre-Yves Revol de conflit d’intérêt, lui reprochant notamment de participer aux transferts de son ancien club Castres.

-27 janvier
Le Président de la Ligue contre-attaque et décide de convoquer une assemblée extraordinaire du comité directeur de la LNR lundi pour juger les propos du tandem varois. Boudjellal répond sur RMC Sport : « Si Revol veut la guerre, on ira à la guerre ».