RMC Sport

Bustos Moyano ne l’a pas volée !

Martin Bustos Moyano

Martin Bustos Moyano - -

Seule recrue de Fabien Galthié en 2010, l’ancien footballeur argentin n’avait pas convaincu à son arrivée. Buteur décisif lors des phases finales, l’ailier ou arrière a définitivement mérité sa place en finale, alors que Montpellier défie Toulouse, samedi au Stade de France (20h45).

Quand Martin Bustos Moyano débarque dans l’Hérault à l’été 2010, les sceptiques livrent rapidement leur verdict : le puma n’est qu’une chèvre de la pampa ! Et pour cause, ses premiers entraînements sur le terrain annexe du Stade Yves du Manoir sont calamiteux. « Même pas bon pour la ProD2 », murmure-t-on alors. Même Fabien Galthié, parti le chercher à Cordoba, n’est pas convaincu.
Le pedigree du lascar n’incite pas à l’optimisme. Arrière capable d’évoluer à l’aile, il joue chez les amateurs des Pampas XV, franchise intégrée à la Vodacom Cup sud-africaine. Dans sa jeunesse, il était footballeur : avant-centre ou n°10. C’est en changeant de quartier qu’il découvre le ballon ovale grâce à un ami. « Heureusement que j’ai déménagé », glisse-t-il.
De cette période, il garde un bon coup de pied qui tape dans l’œil du futur entraîneur du MHR, qui effectue à l’époque une pige en sélection argentine.
Bustos Moyano ne cache pas que le rugby est « un hobby » et qu’il aime « par dessus tout le foot ». A le voir taper le ballon, on comprend bien qu’il y a un peu de Messi dans ce joueur là.
En débarquant à 24 ans à Montpellier, l’Argentin laisse derrière lui femme, famille et amis. Il recrée une « petite Cordoba » avec le pilier Juan Figallo et l’ouvreur Santiago Fernandez. « Ce n’était pas facile, j’étais seul, je ne savais pas si j’allais jouer », se souvient Bustos Moyano à ses débuts.

Son secret ? Un tee porte-bonheur offert par son père

Au fil de la saison, il va crescendo, explosant lors des phases finales. Auteur de tous les points face à Castres en barrages (18-17), il réussit la pénalité de la gagne face au Racing Métro en demies (26-25), à la dernière minute. Sur la saison, l’Argentin tourne à presque 80% de réussite à l’exercice, totalisant 43% des points de l’équipe.
Le secret ? Peut-être ce tee, aux allures de plot de la DDE, offert par son père il y a cinq ans. « Mon porte-bonheur ? Il ne faut pas le dire trop fort parce qu’il reste encore un match. » Cette finale au Stade de France, inattendue pour Montpellier et encore plus extraordinaire pour le gars des Pampas XV, l’impressionne. « C’est pas facile dans la tête, avoue-t-il. C’est un rendez-vous très important pour tout le monde, le club, la ville. » Une chose est sûre : la chèvre de la pampa a conquis Montpellier. Avant le Brennus ?

Louis Chenaille (avec J.L. à Montpellier)