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Castres, l’outsider qui cache son jeu

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Samedi face à l’ogre toulonnais et sa pléiade de stars internationales, les Castrais auront l’occasion de remporter leur 4e trophée (1949, 1950 et 1993) à l’occasion de la finale du Top 14. Un immense défi pour le Castres Olympique, propriété des Laboratoires Pierre Fabre.

D’ores et déjà exceptionnel, le parcours des Tarnais pourrait s’achever par un exploit retentissant, samedi, sur la pelouse du Stade de France, face au RCT De Mourad Boudjellal. Et pour cause, personne n’aurait misé un euro en début de saison sur la présence des joueurs de Laurent Labit et de Laurent Travers à ce stade de la compétition. Sous-estimé, mésestimé probablement, le club du Tarn ne possède pas en son sein des « monstres » du rugby à l’instar de Toulon, Toulouse ou de Clermont.

Son principal et (redoutable) atout ? Une manne financière inépuisable issue des fonds de son propriétaire, les richissimes Laboratoires Pierre Fabre. Une figure de la ville, propriétaire d’un groupe fort d’un chiffre d’affaire de près de 2 milliards d’euros et qui s’appuie sur près de 10 000 salariés dans le monde (dont 2 700 dans le Tarn).

Pierre Fabre et le CO, destins liés ?

Aux commandes du club depuis 1987, Pierre Fabre joue en effet les bons samaritains dans la région. Doté d’un budget de près de 16 millions d’euros, le Castres Olympique bénéficie d’une importante enveloppe financière du groupe pharmaceutique. Bien que celle-ci reste indéterminée, elle demeure bien supérieure à l’apport des deux autres principaux sponsors du club (Matmut et Bigard).

Incontournable bien que très discret, Pierre Fabre (87 ans) a toujours considéré le Castres Olympique comme un ancrage sur ces terres et un vecteur commun de développement à la fois pour ses salariés et les Castrais. « Sa motivation ressort plus de l’intérêt général que de l’intérêt particulier », s’attache à affirmer Pierre-Yves Revol, actuel administrateur au CO et vice-président des laboratoires Fabre. Propulsé à la tête du club en 1987, Revol connaît mieux que quiconque l’attachement de Pierre Fabre pour le CO et plus généralement pour cette ville de 42 000 habitants, qui l’a vu ouvrir sa première pharmacie en 1951.

Assister à un autre sacre de son vivant

«Dans notre pays, le rugby est très important et chacun est conscient qu’il concourt à la notoriété de la cité. Les liens tissés entre le club de rugby et l’entreprise sont très forts. Il est évident que l’entreprise pourrait se passer du Castres Olympique et que ce dernier ne peut pas se passer de l’entreprise. Pour autant, le parrainage du CO représente un intérêt réel pour l’entreprise », assure Pierre-Yves Revol, évidemment conscient de la dynamique suscitée par cette finale et la position d’outsider du CO.

Même son de cloche chez Gérard Cholley, ancien pilier du CO et ex-chargé de communication aux Laboratoires Pierre Fabre. « A son arrivée, nous n’étions pas nombreux (150 à 200). Il aidait déjà plusieurs clubs de la région, pas autant que maintenant, mais il subventionnait beaucoup de clubs issus de différentes disciplines. Il a toujours été sportif, c’est ce qui explique que le titre de 1993, la finale de 1995 et celle que le club disputera samedi sont très importants pour lui. »

En fin connaisseur, Pierre Fabre espère assister de son vivant à un sacre de son club de cœur, possible quand on sait que les Castrais n’ont perdu qu’une seule fois lors des cinq dernières rencontres face aux Varois.