RMC Sport

Castres y prend goût

Rémi Talès

Rémi Talès - -

Plus discipliné, réaliste et dominateur que Montpellier, ce samedi en barrages, le CO décroche, aux dépens des Héraultais (25-12), son billet pour les demi-finales du Top 14. Le club tarnais, qui se hisse à ce niveau pour la deuxième fois consécutive, retrouvera donc Clermont, le 25 mai à Nantes.

Ils ont exaucé le souhait de leurs entraîneurs, partants en fin de saison pour des cieux plus huppés. Ils ont confirmé l’ambition qu’ils n’ont cessé de masquer tous ces mois, ambition révélée il y a quelques jours par l’un des leurs, Romain Martial. Celle d’aller au Stade de France et donc, de franchir un cap sérieux en Top 14. Avant de rêver de l’enceinte dionysienne et de se projeter vers le choc vraiment loin d’être simple qui les attendra fin mai (le 25, à Nantes) face à Clermont, Castres s’est offert une vraie page de bonheur, ce samedi, en dominant Montpellier à Pierre-Antoine (25-12) dans ce que l’on considère désormais comme un classique des phases finales. Le CO a tenu parole : il a tout fait pour ne pas laisser comme dernier souvenir à Laurent Travers et Laurent Labit, ses guides, « la défaite en demi-finale l’année dernière face à Toulouse », comme l’espérait le second, cette semaine en conférence de presse.

Pourtant, Castres aurait pu être troublé par cette fin de saison assez particulière. Par le forfait aussi de dernière minute de son capitaine, Yannick Caballero, victime d’un lumbago. Il n’en a rien été. Présenté comme plus expérimenté, plus solide cette saison, c’est Montpellier qui se montre le plus nerveux. Et qui flanche. Le MHR n’aura quasiment jamais vu les 22 mètres castrais, preuve, s’il en est, de la mainmise des locaux de Pierre-Antoine sur ce match. Beaucoup trop indisciplinées, les troupes de Fabien Galthié s’exposent à la botte de Kockott (17 points, dont 1 transformation) et à un drop, également, de Talès (13e). Et le carton jaune reçu en fin de première période par Gorgodze (37e, plaquage haut), complètement à côté de son rugby ce samedi, n’arrangera pas leurs affaires. Car Castres ne laisse pas passer l’opportunité d’enfoncer encore plus son adversaire, imprécis et inexistant dans le jeu, avec un essai tout en puissance de Claassen (45e).

Une addition salée mais logique

Fin du suspense. Paillague inscrira bien sa 4e et dernière pénalité à l’heure de jeu (58e). Mais ces trois points allégeront juste une addition salée mais logique pour les hommes de Galthié. Défait en 2011 puis vainqueur en 2012 face à ces mêmes Montpelliérains, Castres s’offre la belle, conforte son succès de l’année dernière et rejoint, pour la deuxième fois d’affilée, les demi-finales du Top 14.

Après l’impasse toulousaine, c’est cette fois le mur clermontois qui se présentera, dans quinze jours, devant les hommes de Labit-Travers. A eux de faire en sorte, comme ce samedi, que ce choc ne soit pas le dernier souvenir de leurs techniciens, destinés à prendre les commandes du Racing-Métro l’été prochain. « J’espère qu’on aura notre chance et, même si elle est petite, on essaiera de la saisir », avance l’arrière/ailier international Brice Dulin. Histoire de continuer à rêver du Stade de France, d’une finale inédite après quatre années de présence consécutives en phase finale. Et d’un joli cadeau d’adieu à ses entraîneurs. Ce qu'espère, sans le cacher, Laurent Labit, toujours plus ambitieux. « Bien sûr que ce n’est pas suffisant. Forcément on a faim et on veut bien faire mais on est conscient de qui on aura en face de nous. Les joueurs vont devoir aller chercher ce qu'ils ne soupçonnent pas au fond d’eux. » La valeur du cadeau d'adieu sera à ce prix.

A lire aussi

L'actu du Top 14

Toulouse est toujours là

Lombard : « La machine à gagner, c’est Toulouse »

A.D.