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Clermont. Camille Lopez: "J'ai gambergé après le Tournoi"

Camille Lopez

Camille Lopez - @AFP

A l’image de son club, Camille Lopez a vécu une saison pleine en Top 14 et entend se qualifier pour la finale en se débarrassant de Lyon dimanche. Avec bien sûr la Coupe du monde dans un coin de la tête après un Tournoi des VI Nations animé. L’ouvreur international (30 ans, 22 sélections) livre ses ambitions pour RMC Sport.

Camille Lopez, dans quel état d’esprit êtes-vous à l’idée de retrouver les phases finales ce week-end?

Il y a forcément beaucoup d’excitation. Pour un joueur, c’est quelque chose d’énorme. On n’attend que ces moments-là. On s’est donné le droit de les rejouer et on a hâte d’être à dimanche. Cette saison a été évidemment plus facile à vivre que la précédente. On a bossé dur et les résultats nous ont permis de vivre une saison plus positive. Quand tu es dans un rythme de confiance et dans la bonne humeur, la saison se passe forcément mieux pour tout le monde.

Avez-vous compris pourquoi vous aviez échoué la saison passée ?

Oui, on a tiré de bons constats sinon nous n’aurions pas réalisée la saison qu’on a faite cette année. Mais ce n’était pas tout de se dire des choses, il fallait surtout des actes. Et c’est ce qu’on a fait. L’année dernière, inconsciemment, le titre nous a fait du mal et on n’avait pas mis les ingrédients en début de saison. Parallèlement à ça, nous n’avons pas eu de chance avec énormément de blessures. Est-ce qu’on a payé la saison précédente avec deux finales ? On s’est posé la question. Mais par exemple, pour moi, ce n’était pas à cause de cette fatigue, c’était un accident. Et ça peut arriver à tout moment.

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Les voyages en Challenge européen, que vous avez remporté, notamment en Roumanie, a-t-il également renforcé l’état d’esprit de ce groupe ces derniers mois?

Forcément, mais ça date aussi de l’année dernière, car malgré nos mauvais résultats, le groupe est resté hyper solidaire. Cela aurait pu partir en vrille dans le groupe et dans le club. Mais ça n’a pas été le cas et on a débuté la saison en disant que ça ne pouvait pas se reproduire. Ensuite, il y a eu ce Challenge européen avec des jeunes qui ont intégré le groupe et qui nous ont aidés. On a fait des voyages en Roumanie mais je me souviens aussi du match chez les Dragons où on est allé chercher cette victoire avec de nombreux jeunes.

A titre individuel, comment avez-vous vécu cette saison aussi bien en club qu’en équipe de France?

C’était une année chargée. Tant mieux. C’était mon ambition après une année compliquée. J’avais à cœur d’être au milieu de l’événement, et non pas à côté comme quelques mois plus tôt. Je suis très content de ma saison avec l’ASM et de ce qu’on a réalisé avant cette demi-finale. Il y a eu aussi la saison avec l’équipe de France. La tournée de novembre a plutôt bien commencé avant de mal se terminer avec la défaite contre les Fidji. C’était un moment compliqué. Puis le Tournoi des VI Nations, avec des bons et des mauvais moments. Cela fait partie d’une carrière. Je l’ai encore en moi et je ne l’oublierai pas. Mais il faut s’en servir pour continuer à avancer.

Avez-vous douté en rentrant en club après la tournée et le Tournoi?

Oui, j’ai gambergé. On avait déjà pris un coup au moral en novembre contre les Fidji. Ensuite, j’ai eu la chance de rentrer en club avec notamment une victoire à Montpellier. Cela m’avait remis la tête à l’endroit. Après le Tournoi, je ne vais pas mentir, oui j’ai gambergé. Cela a été très compliqué de se retrouver au milieu de certaines choses et au cœur de toute cette polémique. Il s’est dit beaucoup de choses. Tout a été discuté. Beaucoup de choses ont été dites, notamment sur ce match en Italie (ndlr : il n’était entré que pour les vingt dernières secondes du match, et ce après avoir été écarté après la défaite à Twickenham comme Morgan Parra). Cela a fait beaucoup parlé mais il n’y avait pas grand-chose. On a eu une discussion avec le staff et on s’est compris. L’important c’est qu’on se soit dit les choses.

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De l’extérieur, on a même pensé ne plus vous revoir en sélection...

On a eu une discussion le soir même après le match contre l’Italie. Tout a été dit et il n’y a pas plus d’histoire. Je fais mon job ici avec l’ASM et après des choix seront faits. Il y a eu aussi des évolutions dans le staff (ndlr : avec les arrivées de Fabien Galthié puis bientôt de Laurent Labit). On verra ce qui sera décidé le 18 juin. Mais aujourd’hui ma priorité est d’aller le plus haut possible avec mon club.

Mais la Coupe du monde est-elle une motivation quotidienne?

Oui, puisque je n’en ai jamais jouée. En 2015, cela été compliqué. J’avais dit en début de saison que c’était un objectif et ça n’a pas changé malgré ce qui s’est passé pendant le Tournoi. C’est par mes performances avec l’ASM que je pourrai faire partie du groupe.

"Il faut arrêter de dire que Lyon se construit"

Allez-vous écouter la radio ou regarder la télévision le 18 juin et l’annonce du groupe pour la Coupe du monde?

Je vais forcément regarder. Mais aujourd’hui, j’ai d’abord le 9 juin et Bordeaux dans la tête, puis on verra ce qui se passera avec j’espère une nouvelle étape, en finale. Je vais attendre de finir la saison pour penser à ça. Ce n’est pas de mon ressort. Il faudra de toute façon accepter ce choix.

Le mieux serait de briller dans ces phases finales

Oui, forcément que ça m’aidera si je suis bon. Je veux être le meilleur possible et le plus efficace possible pour l’ASM mais ça me va très bien si je suis catastrophique dimanche et que l’on gagne.

Vous affrontez Lyon dimanche. Comment jugez-vous cette équipe qui se construit au fil des ans ?

Il faut arrêter de dire que Lyon se construit. Cela fait quelques années qu’ils sont là. C’est une équipe hyper complète, capable de tout faire sur un terrain. Certaines équipes ont un style de jeu plus frontal mais les Lyonnais sont capables de tout faire, avec de grandes individualités et un gros collectif. Ils l’avaient déjà montré la saison dernière. On sait que ça sera un très gros morceau.

Jean-François Paturaud