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Clermont la maudite

Le Clermontois Vermeulen a déjà connu les deux defaites perdues en 2007 et 2008 au Stade de France.

Le Clermontois Vermeulen a déjà connu les deux defaites perdues en 2007 et 2008 au Stade de France. - -

Présente pour la 10e fois en finale du championnat de France de rugby, l’AS Clermont-Auvergne tentera, samedi soir face à Perpignan, de mettre enfin un terme à la malédiction qui la harcèle depuis la création du club il y a près d’un siècle.

« Normalement au bout de neuf défaites en finale, on vous offre une victoire non ? C’est comme pour les pizzas », écharpe jaune et bleue autour du cou Julien, supporter clermontois, préfère en rire, façon comme une autre de dédramatiser la situation. A Clermont-Ferrand il est bien le seul à rigoler. Depuis le succès des Jaunards vendredi dernier face à Toulouse, il n’est pas une seule conversation en ville sans que supporters, joueurs ou dirigeants n’évoquent la « malédiction ». Celle qui depuis 1911, année de création de l’ASM, empêche le club auvergnat de décrocher le titre de champion de France de rugby.

Quatre vingt-dix huit ans de malheur et neuf finales perdues, qui collent à la peau de Pierre Mignoni et ses camarades une image de loosers qu’ils rêvent de démentir: « On nous parle que de ça, tous les ans c’est la même chose, explique le demi de mêlée clermontois qui disputera ce soir sa quatrième finale sous le maillot de l’ASM. A force ça devient lourd mais c’est la vérité, à nous d’essayer d’arranger cela, faute de quoi, on passera encore pour des cons ».

Pour se faire l’ASM a décidé cette année de changer ses habitudes. Fini les sollicitations en tous genres et les petites remarques acerbes du genre : « Cette fois-ci vous nous le ramenez le bouclier hein ? », l’équipe a donc choisi de fuir la cité auvergnate, dès mercredi, pour se réfugier dans la région parisienne près d’Eurodisney où là, on ne le prend pas pour des Mickeys.

Un refuge idéal où les hommes de Vern Cotter, le coach néo-zélandais, peuvent livrer, sur le divan, leurs états d’âme à Eric Blondeau le « psy » du club, chargé de leur forger un moral de vainqueur. Très remonté l’an dernier à l’issue de la neuvième finale perdue, le président Fontès avait prévenu : « Je ne veux plus être le président du club que l’on bat à tous les coups en finale. Cela m’insupporte. Les cadres de l’équipe ont failli mentalement, alors soit ils acceptent qu’on les aide, soit on se passera d’eux ».Les colosses au mental d’argile ont accepté, reste maintenant à savoir si cette aide suffira pour mettre un terme au sortilège du bouclier arverne.

La rédaction - Christophe Cessieux