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Fickou : « Ambitieux mais pas prétentieux »

Gaël Fickou

Gaël Fickou - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

DOC RMC SPORT. Une semaine après sa première titularisation sous le maillot du XV de France, Gaël Fickou affronte ce samedi le Stade Français avec Toulouse. L’occasion pour la « pépite » du rugby français de revenir sur son parcours et d’évoquer l’avenir.

Gaël, on parle beaucoup de vous comme la future star du rugby mondial. Est-ce à 20 ans un surcroit de pression ?
Pas vraiment. Je joue dans un club où il y a énormément de joueurs de qualité, où il y a plein de joueurs qui sont passés par ces étapes-là. Je me concentre sur mon jeu, sur les matches qui vont arriver et je ne me dis pas que je serai une star mondiale, je laisse les autres le dire. Je m’entraine durement pour essayer d’être le meilleur possible, c’est sûr. Mais de là à dire qu’un jour je serai le meilleur, non. Je m’entraine pour mais je n’y pense pas vraiment.

Est-ce dur de combiner humilité et ambition ?
C’est toujours ce que j’ai essayé de dire : je suis ambitieux mais pas prétentieux. J’ai de l’ambition, j’espère avoir un niveau de jeu et avoir des objectifs élevés. De là à être prétentieux, loin de là. J’essaie de rester sérieux et de faire des bonnes prestations. Des fois, cela est compliqué, on se dit qu’on nous attend énormément, sur certaines matchs, certaines personnes attendaient que je traverse le terrain de long en large. J’essaie juste de faire mon boulot et de rendre service à l’équipe.

Les Bleus ont-ils changé beaucoup de choses pour vous ?
Je ne m’y attendais pas au début. Rien que l’année dernière, jouer le dernier match face à l’Ecosse était assez inattendu. J’étais très heureux. C’est un symbole pour tout le monde, ce sont des matches que je regardais à la télé quand j’étais plus jeune avec mon frère, on s’imaginait : « Imagine, si tu y joues un jour, ce serait énorme. » Aujourd’hui, c’est fait, je joue, ce n’est pas une fin en soi. J’espère en jouer plein d’autres.

La Coupe du monde, est-ce un objectif ?
On n’y pense pas vraiment mais après, on se dit que cela fait partie des objectifs, on ne peut pas se mentir sur ça. Quand on dispute des VI Nations, des tournées, on se doit de se donner des objectifs et cela fait partie de mes objectifs à long terme. J’espère en faire partie et être dans cette extraordinaire aventure. Déjà y participer fait partie de mes objectifs.

Dans quels domaines pensez-vous avoir le plus progressé depuis vos débuts en Top 14 en août 2012 ?
Je pense que j’ai durci mon jeu. Déjà, j’ai pris physiquement donc forcément, les coups, on les sent un peu moins. J’ai appris à gérer un peu moins la pression même si je ne m’en mets pas forcément énormément. On s’améliore sur plein de points, tactiquement, défensivement. Après, j’ai eu la chance de jouer rapidement, de connaître des gros matches de H-Cup et d’enchainer avec l’équipe de France. C’est vrai que c’est une chance d’enchainer si vite et de vivre ces événements aussi rapidement.

Avez-vous fait le deuil de toutes les critiques après votre départ de Toulon ?
Ma famille est sur Toulon donc elle a pu lire tout ce qui était dans les journaux, mes amis aussi. Ils ne comprenaient pas trop le discours de certaines personnes. Ce n’est pas grave. Ce ne sont que des discours et avec le temps, cela s’efface. Il ne faut pas se prendre la tête avec cela. Quand on perd un jeune issu du centre de formation, cela fait toujours mal et de la peine aux personnes qui me connaissent. Après, j’ai gardé de bonnes relations avec le RCT et il n’y aucun conflit avec ce club.

Et si c’était à refaire ?
Je le referais, sans hésiter. C’est grâce au Stade Toulousain que je suis en équipe de France. Même si Toulon a contribué à mes performances puisque c’est ce club qui m’a formé à la base, Toulouse a su me faire confiance et me faire jouer. Je dois beaucoup au Stade Toulousain.

Enfin, quelles sont vos relations avec Guy Novès ?
C’est un entraineur que tout le monde connait et qui a une réputation exemplaire. J’ai de très bonnes relations avec lui. Il ne me considère plus comme un jeune, je n’ai plus le droit à l’erreur. C’est bien car cela me force à avoir une plus grande exigence envers moi-même. Cela me fait grandir et c’est bien pour la suite.

Recueilli par Wilfried Templier à Toulouse