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Finale Top 14 : Castres au paradis !

Rory Kockott

Rory Kockott - -

Vingt ans après son dernier titre de champion de France, le Castres Olympique a déjoué tous les pronostics pour s'emparer de son 4e bouclier de Brennus, ce samedi au Stade de France face à Toulon (19-14), grâce à un immense Kockott. Une victoire amplement méritée après des plays-off d'anthologie.

Un Bernard Laporte qui harangue ses joueurs dans le vestiaire. Un Jonny Wilkinson qui lui emboite le pas quelques minutes plus tard, au milieu d’un cercle de Toulonnais pendus à ses lèvres et à son discours. Un même Jonny qui cafouille son jeu au pied, au plus mauvais moment pour les siens. Un Frédéric Michalak qui repousse d’une franche main sur le visage un Rory Kockott un peu trop chambreur… quelques instants avant que ce dernier ne crucifie le camp varois d’un essai en solitaire, initié par une feinte de passe pleine de malice et conclue avec autorité. Voilà quelques-unes des images de cette finale de Top 14, quelques-uns des clichés témoignant de l’incroyable fébrilité des Toulonnais, champions d’Europe en titre, deuxièmes de la saison régulière et grands favoris après leur victoire en demie face à Toulouse. Mais surtout de l’exploit castrais, du casse tarnais et de l’incroyable, là aussi, épopée des hommes du duo Labit-Travers.

Un casse, oui, car dans cette finale qui aura, malheureusement, rarement atteint des sommets de spectacle, le CO aura appliqué à la lettre une bonne vieille recette… toulonnaise : celle de laisser venir les vagues rouges, les regarder se briser sur sa défense bleue et sortir en contre. Avec bonheur puisque le pied de Kockott n’a pas failli, contrairement à celui de Wilkinson, si précieux contre Leicester, les Saracens, Clermont en H Cup et Toulouse, dernièrement, en Top 14 et auteur, samedi soir, d’un surprenant 3 sur 8 au pied (4 pénalités manquées dont deux sur le poteau et un drop). Mais Castres, qui aura aussi donc profité de la malice de Kockott pour prendre ses aises au sol, aura également construit son succès sur le manque d’inventivité des Toulonnais, sur leurs nombreuses fautes de main, à l’instar de celle de Michalak en fin de première période, lourde de conséquences et suffisamment inhabituelle pour précipiter la rentrée aux vestiaires à la pause de Bernard Laporte.

Kockott crucifie Toulon en fin de match

Toulon, meilleur en tout sur le papier que Castres, aura évolué un cran en-dessous de ses standards habituels, sans donc jamais assumer son étiquette de grand favori, alors qu’un doublé historique lui tendait les bras. Comme l'année dernière, face à Toulouse, le RCT aura échoué dans le final et la sortie de Michalak, au profit de Tillous-Bordes (50e), n’aura rien changé. L’entrée de Mermoz non plus (64e). L’histoire, c’est Castres qui l’écrira, malgré l’insistance de Wilko, buteur, enfin, de nouveau à un peu plus de dix minutes de la fin (67e), après un nouveau poteau (64e !). Le sauvetage in extremis de Tillous-Bordes, qui empêche Talès d’aplatir (56e). Mais grâce à l’acharnement, cette fois récompensé, de Talès, qui libère un peu plus Castres en fin de match (71e et 74e) de deux drops bien sentis.

Et d’un Kockott, pas perturbé par son poteau (encore ! 52e), au moment d’achever le RCT. L’essai plein d’orgueil de Delon Armitage (81e) n’y changera rien. Le CO, pardon, ses joueurs ont tenu parole : ils ont offert à leurs entraîneurs le meilleur cadeau d’adieu. Un revival, 20 ans après, à Laurent Labit sacré en 1993 avec les Castrais. Finalement, n’en déplaise à Mourad Boudjellal, François Hollande avait vu juste en demandant à Rémi Talès si c’était à lui qu’il devait remettre la Coupe…

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A.D