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Grenoble, un bastion en reconstruction

Shaun Sowerby

Shaun Sowerby - -

Avec un bilan équilibré après deux journées de Top 14 (une victoire, une défaite), Grenoble espère maintenant créer l’exploit face au Stade Français ce vendredi (20h50). Le meilleur moyen de retrouver ses galons dans l’élite du rugby.

En 2005, Grenoble plongeait en Fédérale 1. Coulé par des problèmes financiers. Champion de Pro D2 la saison passée, le vainqueur du bouclier de Brennus en 1954 a refermé cette sombre parenthèse en réintégrant l’élite cet été. Après un bon début de saison marqué par une victoire sur le terrain de Bordeaux-Bègles (28-29), puis une défaite logique à Castres (30-13), les Isérois auront à cœur de réaliser l’exploit ce vendredi (20h50) face au Stade Français dans leur antre du stade Lesdiguières. Si les coéquipiers de Jonathan Best, arrivé au club en 2005, au moment de la rétrogradation en Fédérale 1, sont aussi motivés que lui, les Parisiens devront se méfier du promu !

« Les joueurs contre lesquels je vais jouer, ce sont des joueurs que j’admirais il y a 3-4 ans, notamment Sergio Parisse, admet le troisième ligne grenoblois. Je pense que c’est un des meilleurs 3e ligne de la planète. C’est une vraie chance de jouer contre lui mais je ne vais pas me laisser faire. S’il vient vers moi, je le plaquerai évidemment ! » Les champions de France 2007 sont prévenus. D’autant que Fabrice Landreau, finaliste malheureux avec Grenoble en 1993 puis heureux avec le Stade Français en 2000, connait sur le bout des doigts son ancien club. S’il ne joue pas encore dans la même cour avec le FCG, l’ancien talonneur a quand même réussi à attirer en Isère le Sud-Africain Shaun Sowerby, ex-Parisien et ex-Toulousain.

« Les mammouths, ils ont disparu ! »

Un recrutement qui rappelle de bons souvenirs. Les mammouths, le surnom des Grenoblois dans les années 90 sous la houlette de Jacques Fouroux, sont-ils de retour ? « Les mammouths, c’est comme pour la préhistoire, ils ont disparu il y a longtemps. Ils sont partis à Toulon, sourit Fabrice Landreau. Je pense que ce n’est plus du tout le profil dans lequel on a voulu s’inscrire, parce qu’il faut du temps pour constituer une équipe avec des joueurs de ce calibre-là. Il y a une équipe qui s’est créée il y a 4-5 ans et qui prend de la maturité au plus haut niveau. » Avec un effectif « plus étoffé » par rapport à l’an passé, Marc Chérèque, le président, se satisfait lui des retombées économiques.

« Dans une ville où les gens ont du mal à s’abonner, on a dépassé les 2300 abonnés grand public, explique-t-il. Le soutien n’a jamais été aussi important. Et le club a augmenté sensiblement son budget. » Le déclin ultra-rapide du foot a aussi laissé une place dans laquelle s’est engouffrée le FCG. « J’ai fait des matches en Fédérale 1 où il y avait 500 spectateurs, raconte Jonathan Best. Vendredi (face au Stade Français, ndlr), il y aura 10 000 spectateurs. Les gens répondront présents car ils ont envie de voir cette équipe de Grenoble. C’est un public d’impatients. » Qui aura l’occasion cette saison de libérer la frustration accumulée pendant sept ans.

Xavier Martel avec Edward Jay