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Huget en « liberté provisoire »

Yoann Huget

Yoann Huget - -

Le trois-quarts aile de l’Aviron Bayonnais peut officiellement reprendre la compétition à partir de ce dimanche. Après trois mois de suspension pour trois « no show », l’international postule au derby basque mardi à Biarritz (20h45). Mais l’Agence Française de Lutte contre le Dopage pourrait le renvoyer en tribunes le 15 décembre.

Pour certains, le grand air est régénérateur. Au Pays Basque, il suffit de faire quelques kilomètres pour prendre de grandes bouffées d’oxygène sur la côte ou en montagne. Yoann Huget, lui, a vécu les trois derniers mois en apnée. A Aguiléra, mardi soir (20h45), sur le terrain du rival biarrot, il pourra enfin respirer, remettre les crampons et enfiler son maillot. Car depuis ce dimanche, l’international français (7 sélections) n’est plus suspendu par la FFR. Ses trois manquements à l’obligation de localisation (« no show ») formulée par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) ne sont pas pour autant oubliés.

Car ils ont coûté au Bayonnais une première participation à une Coupe du monde, à 24 ans. « Ça fait grandir involontairement et prendre de la maturité, confie-t-il, alors qu’il n’a plus joué depuis le 7 mai. J’ai fauté avec l’AFLD. Je ne dois pas le refaire, même dans un autre contexte, avec les impôts par exemple (rires) ! On ne vit pas dans un monde de bisounours, dans une bulle. Il faut être responsable. Et puis, on relativise. J’ai loupé une Coupe du monde, certes. Mais il y a des choses plus graves dans la vie. » La cicatrice serait-elle déjà refermée ? « Il fallait passer à autre chose », assure-t-il.

« Ça va être un moment intense »

Alors, pendant que ses coéquipiers affrontaient les All Blacks, les Anglais ou les Gallois, il s’est fait discret. « Je ne suis pas du genre à envoyer des messages et à parler de rugby tous les jours, explique Yoann Huget. J’ai essayé de prendre des nouvelles de mes amis qui étaient là-bas. Mais je n’ai eu aucune amertume. Je me suis forcé à regarder, parce que je devais être là-bas. A 7h du matin, j’étais tout seul à regarder le match chez moi. » Il a réfléchi, mûri. Et tenté d’utiliser sa frustration au mieux, en s’entraînant par exemple à l’INSEP avec un docteur ès sprint, Guy Ontanon, ancien coach de Christine Arron et actuel de Ronald Pognon et Jimmy Vicaut.

Mais chaque week-end, il devait suivre de loin les prestations du XV de France et de l’Aviron. Jusqu’à ce qu’une épidémie d’oreillons, à l’origine du report du derby basque, lui offre un beau retour sur scène. « Quand on m’a dit qu’il allait se jouer le 29 novembre, j’ai demandé si j’étais qualifiable, raconte Yoann Huget. On m’a dit oui. Il me tarde d’avoir l’adrénaline du match, de la préparation. Ça va être un moment intense pour moi. » Mais une libération peut-être trop courte. Le 15 décembre, le Bayonnais répondra à la convocation de l’AFLD. Il craint de prendre trois mois supplémentaires de suspension. « C’est le tarif, quand on monte à Paris » souffle-t-il…