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Huget : « J’espère avoir été entendu »

Yoann Huget

Yoann Huget - -

L’international bayonnais a plaidé la « sottise » devant l’AFLD, jeudi à Paris, après ses trois infractions au règlement antidopage qui lui ont valu trois mois de suspension et fait rater la Coupe du monde. Un message qui a divisé les membres de l'Agence.

Yoann, quel a été votre sentiment en sortant de l’audience à l’AFLD ?

J’aurais préféré être à Londres aujourd’hui (Bayonne affrontait les Wasps jeudi soir en Challenge européen, ndlr), mais j’ai préféré venir devant le collège de l’AFLD pour m’exprimer enfin. J’ai répété tout ce que j’ai déjà pu dire mais je tenais à le leur dire en face, qu’ils m’écoutent. C’était un concours de circonstance, un acte sot. J’espère tourner cette page de ma carrière. J’attendais ce moment depuis le 5 août (lendemain de sa suspension, ndlr). J’espère avoir été entendu, et pouvoir tourner une page.

Vous sentez-vous soulagé ?

Je pensais que j’allais me sentir soulagé, mais je repars sans réponse. Il va falloir attendre encore 15 jours. Ça fait déjà plusieurs mois que j’ai l’épée de Damoclès sur la tête.

Trouvez-vous votre suspension de trois mois injuste ?

J’ai loupé les trois mois les plus importants de ma vie. J’ai assumé.

Arrivez-vous à faire votre travail de rugbyman de haut niveau ?

J’essaie de faire abstraction, de remplir mes obligations de localisation. J’espère qu’on parlera un peu plus de Yoann Huget sur les terrains. Je suis encore un jeune joueur (24 ans), j’ai encore de belles années devant moi.

Pensez-vous que ça va vous servir d’exemple ?

J’ai des collègues en équipe de France qui étaient disons… un peu « border line » qui font un peu plus attention. Si je peux servir d’exemple et aller dans les centres de formation pour expliquer ma situation, je le ferais volontiers. Je ne souhaite à personne de vivre ça, même à mon pire ennemi.

Le titre de l'encadré ici

Huget a divisé l’AFLD|||

Le cas de Yoann Huget, le trois-quarts aile international de l’Aviron Bayonnais, déjà privé de Coupe du monde et suspendu trois mois par la FFR, est loin d’avoir fait l’unanimité à l’AFLD. Venu s’expliquer jeudi de ses trois manquements au devoir de localisation en 2011 devant les membres du collège de l’Agence, Yoann Huget est reparti en laissant derrière lui une assemblée divisée. Selon nos informations, le camp du statu quo, qui ne souhaite pas aggraver la sanction fédérale, s’est opposé aux défenseurs d’une uniformisation des sanctions. Autrement dit : 6 mois minimum, pouvant aller jusqu’à 9 ou 12 notamment en cas de récidive. Comme l’a résumé le président de l’AFLD, Bruno Genevois, « l'Agence prend en considération le fait qu'un athlète a pu manquer un rendez-vous sportif important, tout en sachant que nous essayons d'harmoniser nos décisions. » Quadrature du cercle pour l’AFLD qui, après le camouflet de l’affaire Longo, ne veut surtout pas prêter le flanc aux critiques. L’Agence a renvoyé la décision en délibéré à la fin du mois de décembre. Encore 15 jours de stress pour Huget.