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Ibanez : « Les leaders ont failli »

Raphaël Ibanez

Raphaël Ibanez - -

Manager sportif de l’Union Bordeaux-Bègles cette saison, Raphaël Ibanez n’a pas aimé la défaite face à Grenoble samedi. L’ancien capitaine des Bleus n’a pas hésité à remettre en cause le comportement de ses joueurs.

La défaite face à Grenoble (28-29)

« J’ai retrouvé des sensations douloureuses à l’issue des matchs perdus. Auparavant, c’était en tant que joueur, cette fois-ci avec le statut de manager. Si je n’arrive pas à dormir, ce n’est pas grave. Le plus important est que les joueurs répondent présents sur le terrain. On n’avait pas imaginé un tel scénario avec l’encadrement technique. On essaie de trouver des explications mais, à ce niveau, j’ai peur qu’on ait fait preuve de suffisance. Je n’ai pas vu des gagneurs dans cette rencontre. »

Le manque du terrain

« Avant la rencontre, je m’imaginais pouvoir me détacher de ce côté affectif lorsque l’on est acteur sur le terrain. On ressent énormément d’émotions mais il n’y a pas ce côté immédiat. Il faut faire preuve de lucidité et d’anticipation sur les événements. Ça a été une bonne expérience avec ce match perdu. »

Un manque de caractère

« Les joueurs ont compris qu’ils étaient passés à côté du lancement idéal de la saison face à une équipe de Grenoble valeureuse et réaliste. Ce qui me gêne sur ce match, c’est que l’on a senti une équipe de Bordeaux ambitieuse mais les leaders ont failli par un manque de caractère et surtout dans les choix à des moments clés de la rencontre. On n’a pas retrouvé cet équilibre durant ce match. J’entends leur faire passer ce message. »

Le prochain match face à Perpignan

« Je pense que l’on est tous conscients de l’enjeu. J’espère de tout cœur que les joueurs auront un tout autre comportement sur le terrain. Il y a une grosse attente autour de Bordeaux-Bègles. Le public a été séduit par l’engagement et le jeu depuis quelques temps maintenant. L’adversaire est redoutable avec de la qualité à tous les postes. Ils vont venir avec beaucoup de motivation et de détermination. Pour le moment, à Bordeaux-Bègles, je n’ai pas vu un seul joueur sur le terrain qui était en mesure d’assumer un statut international. »

Le jeu pratiqué

« Cette équipe a de vraies ressources dans le jeu. C’est rassurant. Mais, il faut respecter le jeu par des fondamentaux, par une vraie solidarité et aussi du réalisme. Il faut chasser cette naïveté que nous avons observé pendant une bonne partie du match face à Grenoble, notamment quand il s’agissait de faire la différence et prendre le large. Les leaders comme Camille Lopez doivent aussi se remettre en question. Il a fait preuve, à certains moments, de légèreté et à un poste aussi décisif, il faut passer le cap des petits joueurs pour être de vrais gagneurs. »

Un changement de statut

« J’ai gardé mes racines dacquoises. Je reste en Aquitaine. Le matin, je me déplace en train. Ça me permet de mûrir mes réflexions piquantes que j’ai envie de livrer à mes joueurs. Entre l’encadrement technique et moi-même, on se comprend très bien. J’ai entièrement confiance en eux. Ils réfléchissent sur les contenus d’entraînement et moi, je donne une orientation générale sur la semaine. On est déjà tournés vers le match de Perpignan. »

Les favoris

« Dès la première journée, on se rend compte que les cadors se détachent même si pour le Stade Toulousain, ça s’est fait dans la douleur (23-22 face à Castres, ndlr). Je crois que Toulouse a toujours autant d’arguments, Clermont également. Il ne faut pas oublier Toulon et Biarritz. Ce sont des équipes qui parviennent déjà à s’imposer et faire preuve de caractère. En Top 14, on paye très cher une légèreté que j’ai sentie au sein de l’équipe ce samedi. Il faut se lancer très vite dans le vif du sujet. »

L’équipe de France

« J’attends que l’équipe de France soit la meilleure. L’objectif majeur est d’être champion du monde. Dans cette forme de continuité, c’est rare qu’il y ait un passage de témoins sans douleurs entre deux sélectionneurs (Philippe Saint-André a succédé à Marc Lièvremont, ndlr) mais une génération de joueurs a été conservée. De nouveaux ont été lancés dans le grand bain. Le potentiel est là et en France, nous avons des joueurs de grand niveau qu’il faudra amener à la Coupe du monde 2015. »