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Kockott : « Ce n’était pas un choix facile »

Rory Kockott

Rory Kockott - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

DOC RMC SPORT. Après le feuilleton de son vrai-faux départ à Toulon et sa prolongation à Castres pour les trois prochaines saisons, le demi de mêlée sud-africain se livre sur son choix, les critiques ou encore l’image qu’il renvoie.

Rory, pourquoi avoir renoncé à aller à Toulon et avoir prolongé à Castres ?
C’est une décision logique. Ce n’était pas un choix facile. Mais quelquefois, tu sens dans ton cœur ce que tu veux vraiment. C’est une décision personnelle, la meilleure opportunité dans ma vie.

Qu’est-ce qui vous retient à Castres ?
C’est difficile de répondre à cette question. C’est juste que… (il réfléchit) Quelquefois, dans ta région, tu as un impact dans la vie de beaucoup de gens autour de toi. Et si tu pars trop vite, tu vas perdre ce lien, cette relation. Et tu ne peux pas construire des choses qui sont plus importantes que le rugby. Parce qu’il n’y a pas que le rugby dans la vie. J’ai construit quelque chose depuis que je suis ici à Castres. Je ne voulais pas partir trop vite.

Qu’est-ce qui a été le plus dur ?
Faire le bon choix ou supporter la pression médiatique et tout ce qui a été dit sur vous ? Quand tu prends une décision importante et difficile, tu as la pression. Et une fois que tu as décidé, il y aura toujours des gens qui ne seront pas d’accord avec toi. C’est comme dans la vie. Mais si tu as conscience de ça, peu importe. Tu ne vas pas te casser la tête simplement parce que des gens ne sont pas d’accord avec toi.

Etes-vous libéré d’un poids depuis l’annonce de votre prolongation à Castres ?
Oui, bien sûr. Ça aide. Ça simplifie les choses. Tout est plus clair. Y compris entre moi et mes coéquipiers. Ça marque mon engagement pour l’équipe. C’est un plus pour tout le monde.

Un an après, le Castres Olympique est-il à nouveau candidat au Brennus ?
Oui, si on est dans les six ! Mais on peut se poser la question. On ne sait pas de quoi l’avenir est fait. On a encore du travail. On verra à la fin de la saison. Après, nous avons l’expérience de la saison dernière. Elle peut nous aider pour les phases finales, lors des matches à pression. Ce qui fera la différence, c’est notre comportement, notre attitude dans cette fin de saison. Savoir ce que nous avons à faire pour aller jusqu’en finale.

Qu’est ce qui a changé pour vous depuis la saison dernière et notamment cette finale du Top 14 ?
C’est une autre compétition cette année. Ça passe vite, ça fait presque un an maintenant ! Après, je ne sais pas, je ne prends pas trop conscience de ça. Pour moi, ça reste toujours le même job.

Est-ce dur d’assumer le statut de meilleur joueur du Top 14 ?
Dur, ce n’est pas le mot… Après oui, parfois, il y a beaucoup d’attente autour de moi. Ce que je dois faire, ce que je dois apporter à l’équipe. C’est à moi, c’est ma responsabilité d’apporter tout ce que je peux, pour rendre l’équipe meilleure et avoir une chance de remporter le titre à la fin de la saison.

Meilleur joueur du Top 14… On s’imagine, meilleur que Wilkinson, Giteau, Mc Alister ou Sivivatu ?
(il sourit) Vous savez, ça reste un titre… c’est sûr que ça fait plaisir sur le moment d’avoir été nominé et d’avoir gagné. Mais à la fin, ça ne change rien. Ça ne change pas ton jeu, ça ne change pas ton équipe. Ça met peut-être un peu plus de pression sur toi. Mais c’est tout.

Vous êtes un buteur et vous faites parfois gagner votre équipe, au pied mais aussi dans le jeu, ce qui renforce l’étiquette de joueur individualiste qu’on vous colle par moment. Doit-on gérer ça dans un sport où le collectif est roi ?
Dans mon travail, oui, je suis individualiste. Mais dans le jeu, je ne peux pas. Ça, c’est sûr. Dans une équipe de rugby, comme dans tous sports collectifs, tu ne peux pas. Après, à mon poste comme à d’autres postes comme le demi d’ouverture, tu es obligé de prendre des décisions tout seul. Pour l’équipe et pour le jeu. Et ça, c’est mon travail et l’équipe attend de moi que je le fasse. On vous a vu parfois vous accrocher avec des adversaires sur le terrain, faire plus que de croiser des joueurs que ce soit à Paris avec Parisse ou contre Toulon avec Delon Armitage.

Vous sentez-vous visé ?
Je ne sais si c’est moi qui les ai croisés ou si ce sont eux qui m’ont croisé (sourire) ! Mais je n’aime pas quand on parle de viser un joueur (il se fait plus grave). Pour moi, ce n’est pas un comportement professionnel. Quand tu es professionnel, dans une équipe, tu fais ce que tu peux pour gagner. Mais tu ne cherches pas à éliminer un joueur. Tu n’auras pas un meilleur résultat juste parce que tu vas viser quelqu’un. Après, comme beaucoup de numéro neuf dans le monde, tu es visé parce que tu es toujours au cœur du jeu.

Recueilli par Wilfried Templier à Castres