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L’élève à l’assaut du maître

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Toulouse contre Montpellier, c’est un peu David contre Goliath. Avec 17 titres de champion de France, le Stade Toulousain part avec le costume d’immense favori de la finale du Top 14 Orange ce samedi soir au Stade de France (20h45). Mais les hommes de Galthié rêvent de déjouer les pronostics.

Fabien Galthié, l’entraîneur de Montpellier, l’a avoué en milieu de semaine : « Tout m’inquiète ! » L’ogre toulousain donne-t-il vraiment des sueurs froides à l’ancien demi de mêlée du XV de France ? Est-ce un coup de bluff ? Une chose est sûre, la finale du Top 14 ce samedi (20h45) au Stade de France sent la poudre. Aussi inattendu qu’excitant, le choc entre l’immense favori haut-garonnais et l’invité surprise héraultais va f aire des étincelles.
Déséquilibrée sur le papier, il s’annonce pourtant électrique et indécis. Absent des finales du Top 14 Orange depuis 2008, Toulouse a soif de revanche. L’équipe de Guy Novès est programmée pour remporter le Bouclier de Brennus. Leaders à l’issue de la saison régulière, les Rouge et Noir ont largement confirmé leur statut de favoris en demi-finale en balayant Clermont, champion sortant, il y a une semaine au Stade-Vélodrome (29-6). Qualifié pour sa 26e finale, le Stade Toulousain bénéficiera aussi d’une expérience hors-norme face à des Montpelliérains novices à ce stade de la compétition.
Lors de la création du MHR en 1986, Toulouse avait déjà glané neuf boucliers. A la recherche d’un 18e titre, les partenaires de Patricio Albacete sont pourtant très agacés lorsqu’on les annonce gagnants avant même le coup d’envoi : « Si les Montpelliérains sont en finale, c’est qu’ils le méritent, avance le 2e ligne argentin. Alors arrêtons de parler de favoris… »

La guerre de nerfs se gagnera aussi sur la touche

Toulouse a de bonnes raisons de craindre Montpellier. En dépit d’un vécu très limité, le MHR a déjà renversé des montagnes et fait déjouer tous les pronostics. Castres et le Racing, battus respectivement en barrage et en demi-finale, en savent quelque chose. Une réussite presque insolente que Fabien Galthié refuse d’expliquer par l’insouciance de ses troupes : « Si on en est là, c’est justement parce qu’on ne l’est pas. Autrement, nous aurions explosé en plein vol. » L’appétit venant en mangeant, les Montpelliérains s’imaginent bien bousculer une dernière fois la hiérarchie. « On peut faire quelque chose, assure le demi de mêlée Julien Thomas. Plus la finale approche et plus je rêve de ce bouclier. C’est un rêve de gosse. On ne sait pas quand on reviendra au Stade de France alors ne lâchons pas ce match. Personne ne croit en nous mais moi je crois en cette équipe. »
Preuve que cette finale inédite ne manque pas de piment, la guerre de nerfs se gagnera aussi sur les bancs de touche. En début de semaine, Guy Novès, sacré huit fois champion de France, a lancé la finale en taclant son homologue montpelliérain, Fabien Galthié : « Je ne sais pas depuis combien de temps il entraîne. Son parcours est intéressant ? Je ne sais pas. Des titres ? Je n'ai pas suivi. » La banderille n’a pas touché le coach montpelliérain. Dans un très large sourire, Galthié a refusé d’alimenter une polémique. « La vie est belle », a-t-il simplement déclaré dans un très large sourire. Les visages risquent en revanche de se figer samedi soir sous les coups de 20h45…