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Laporte : « Ça a été deux mois terribles »

Bernard Laporte

Bernard Laporte - -

EXCLU RMC Sport - Bernard Laporte a accueilli avec un soulagement non dissimulé le maintien du Stade Français en Top 14, ce lundi. L’ancien secrétaire d’Etat aux sports évoque les difficultés de sa mission et souhaite bonne chance aux nouveaux repreneurs.

Bernard Laporte, quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris l’annonce du sauvetage du Stade Français en Top 14 ?

Ces dernières heures étaient difficiles. On vient d’apprendre la bonne nouvelle. Si on a œuvré pendant deux mois, c’était pour sauver ce club que nous avions fait renaître avec Max Guazzini il y a quinze ans. Notre première solution n’a pas marché. On est tombé sur des gens peu fréquentables qui nous ont fait tourner en bourrique et qui ont fait que le projet n’a pas pu aboutir. Toute la semaine, on a essayé de chercher et de questionner des gens. Une solution est arrivée avec Thomas Savare. C’était très bien ainsi. L’objectif était de sauver le club, peu importe qui le reprenait. Si on ne veut pas de moi, je n’irais pas. Il ne fallait pas laisser le club se noyer. On a créé une certaine dynamique. Grâce à ça des solutions ont commencé à émerger alors qu’il n’y avait rien. On est parti sur une page vierge. C’est uns satisfaction parce que je ne voyais pas ce club tomber de deux divisions. Bravo aux nouveaux investisseurs. Bonne chance à eux. Je suis convaincu qu’ils feront du bon travail.

Comment avez-vous vécu cette épreuve personnellement ?

Ça a été deux mois terribles. Allez cherche de l’argent, ça a été très difficile parce qu’on ne sait pas si on va s’en sortir. En parallèle, il fallait faire le recrutement et on a bâti une belle équipe. On n’avait pas l’argent même on nous disait qu’on allait l’avoir donc on a recruté. On avançait à petits pas. Le dénouement est bon. L’équipe est de qualité. Il faut que le Stade Français regagne ses jalons d’antan et redevienne l’un des meilleurs clubs français. L’important était qu’il y ait une solution et que le club reste dans l’élite du rugby français.

Avez-vous envie de participer à la vie du club ?

Pas spécialement. Je suis revenu parce qu’on m’avait dit qu’il fallait que je sois manager. Le premier repreneur disait que si on ne faisait pas ça, il ne viendrait pas. Il fallait que je m’engage. Mais ça faisait onze ans que je n’étais plus au club et je n’avais pas nécessairement envie de reprendre une fonction. J’ai été un peu contraint et forcé. Je le faisais pour le bien du club. Si maintenant, on ne fait pas appel à moi, il n’y a rien de grave. Au contraire. L’important c’est que le club soit sauvé. Ça a été deux mois de souffrance. J’ai pris ma voiture, j’ai fait des kilomètres, j’ai appelé la France entière. On ne dort pas la nuit parce qu’on ne sait pas si on va y arriver. C’est éprouvant. Il y a eu beaucoup de sueur mais le résultat est là. Bravo à Thomas Savare. Je ne souhaite que du bonheur au Stade Français.