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Le choc Toulouse-Toulon en dix phrases

Le Stade Toulousain retrouve Toulon

Le Stade Toulousain retrouve Toulon - AFP

Champion en titre, roi d’Europe depuis deux ans, Toulon se déplace ce dimanche à Toulouse (21h) pour un choc encore très attendu malgré les difficultés actuelles du Stade. Présentation d’un duel en dix phrases choc.

L’état du malade s’améliore. Mais il reste convalescent, en proie à une rechute. Après cinq défaites consécutives en Top 14, une anomalie historique pour ce club, le Stade Toulousain a retrouvé la voie du succès le week-end dernier contre le Stade Français (22-10). Pour l’instant toujours plus concerné par la lutte pour le maintien que par celle pour les phases finales, les joueurs de Guy Novès font face à un défi de taille s’ils veulent poursuivre leur remontée : Toulon, ogre du Top 14 et de l’Europe ces deux dernières saisons et actuel leader du championnat après huit journées, leur rend visite ce dimanche soir (21h) pour une rencontre entre deux clubs historiques mais dont les destins sportifs semblent s’inverser ces dernières saisons.

Un choc tout de même très attendu. La preuve en dix phrases percutantes signées de ses acteurs et réunies sous trois thèmes. Avec un petit cadeau supplémentaire, inclassable, signé Bernard Laporte : ''Je suis né et j’ai grandi à Gaillac, à 50 kilomètres de Toulouse. Comme toujours dans ces moments-là, au lieu que ce soit un grand frère, ça devient un club que tu ne fais que critiquer. On aimait Toulon alors qu’on avait le Stade Toulousain à 50 kilomètres. On était bête quand même.''

Toulouse-Toulon, les courbes sportives se croisent

Thierry Dusautour (Toulouse ; troisième ligne) : ''La spontanéité, on l’a. Mais on n’arrive pas à concrétiser nos phases de domination. A la différence d’une équipe comme Toulon, qui chaque fois qu’elle tient son adversaire entre ses mains et qu’elle imprime son rythme, réussit à marquer par un essai ou trois points. C’est un exemple à suivre à ce niveau-là.''

Grégory Lamboley (Toulouse ; troisième ligne) : ''Toulon est au-dessus de tout le monde en ce moment. Les courbes se sont croisées mais pas qu’avec Toulon. Tout le monde a élevé son niveau.'' 

Toulouse, monument en péril ?

Mourad Boudjellal (Toulon ; président) : ''S’il arrivait un malheur à Toulouse, ça serait la plus mauvaise nouvelle pour le Top 14. Economiquement, sportivement, le rugby français ne s’en remettrait pas. Tous ceux qui sont un peu en joie en ce moment car Toulouse ne va pas, c’est une énorme connerie.''

Sébastien Tillous-Borde (Toulon ; demi de mêlée) : ''Toulouse a un effectif très riche avec de très bons joueurs. Le jour où ils vont se remettre à bien jouer ensemble, ça va faire mal.''

Bernard Laporte (Toulon ; manager) : ''Je ne crois pas qu’ils soient en crise. La force d’un club comme ça, c’est qu’ils ne s’inquiètent pas dès qu’ils manquent deux virages. On sent qu’il y a une certaine sérénité parce qu’ils sont sûrs de la qualité de leur groupe. Après, comme disait Guy Novès, peut être que Toulouse ne sera pas dans les six (qualifiés en phase finale, ndlr). Il y a dix ans, tu ne tenais pas ce discours…''

Grégory Lamboley (Toulouse ; troisième ligne) : ''Si on arrive à confirmer le succès du week-end dernier contre le Stade Français en battant Toulon, on commencera un peu à guérir. Là, on est en convalescence, on va dire.''

Toulon, nouveau Gargantua du rugby français

Guy Novès (Toulouse, manager) : ''Toulon est devenu une référence, si ce n’est la référence, dans l’organisation, la gestion. Aujourd’hui, on regarde ce que fait Toulon pour savoir ce qu’on doit faire demain.''

Mourad Boudjellal (Toulon ; président) : ''Si je suis ici, c’est un peu grâce à Toulouse. Un jour, j’ai organisé un match au Vélodrome contre Toulouse. Il y avait 60 000 spectateurs dans les tribunes. Ce n’était pas Toulon qui les avait déplacés, c’était Toulon et Toulouse. Grâce à eux et à ce moment, à cette magie amenée par Toulouse, je me suis rendu compte de ce que je pouvais faire de Toulon.''

Thierry Dusautoir (Toulouse ; troisième ligne) : ''On va côtoyer ce qui se fait de mieux en ce moment au niveau européen. Mais vous voulez vraiment que je parle de cette équipe ? Toulon n’est pas mon équipe. Je joue au Stade Toulousain et ce qui m’intéresse, c’est le Stade Toulousain. Ils ont eu du succès ces deux dernières saisons, peut-être qu’ils en auront encore cette saison mais ça ne changera pas grand-chose à moi et à ma carrière.''

Grégory Lamboley (Toulouse ; troisième ligne) : ''Toulon est une équipe en pleine confiance. Quand tu joues au rugby en pleine confiance, tu tentes des coups que tu ne tenterais pas, ce que nous on n’oserait pas tenter en ce moment. Pour l’instant, ils ont le rebond favorable. Tant mieux pour eux.''

la rédaction avec Wilfried Templier et Laurent Depret