RMC Sport

Le rugby file un mauvais coton

A l'image de Toulon avec Wilkinson, de nouvelles places fortes du rugby, appuyées par des mécènes, émergent ou font leur retour.

A l'image de Toulon avec Wilkinson, de nouvelles places fortes du rugby, appuyées par des mécènes, émergent ou font leur retour. - -

Depuis quelques années, le rugby a peu à peu opéré sa mue. Une dérive opérée avec la professionnalisation qui pousse aujourd’hui à la comparaison avec le football.

Une culture de la crise
Biarritz aurait pu s’épargner une crise après seulement deux journées. Omniprésent, le président Blanco a tapé du poing sur la table après une défaite contre Toulon (13-3) et mis le staff devant ses responsabilités. Un déballage public qui condamne Jean-Michel Gonzalez. Jamais avare de bons mots, Pierre Berbizier a livré son analyse sur la question. « Aujourd’hui, il n’y a pas de débat. C’est tout dans l’hypocrisie. Après deux matches ça me gêne, d’autant que je connais la valeur de Jean-Michel. Ce n’est pas un tricheur. » Et quand on ne règle pas ses comptes sur la place publique, c’est par média interposé qu’on s’interpelle. Anciens du Stade Français, Christophe Dominici et Mathieu Blin n’ont pas hésité à égratigner le président Max Guazzini sur sa politique.

Un marché des transferts qui s’agite
Les chiffres auraient de quoi faire sourire les amateurs de football. Transféré de Bayonne au Racing Métro pour 506 000€, Benjamin Fall représente la transaction la plus onéreuse en Top 14. Bien loin des 94M€ versés par le Réal Madrid à Manchester United pour Cristiano Ronaldo, mais significatif de l’évolution du rugby. Absents des mœurs de l’ovalie, les transferts risquent de prendre une place de plus en plus importante ces prochaines saisons. Pas sûr que tous les clubs puissent s’aligner. « Le modèle économique du rugby est viable mais reste très fragile, analyse l’ancien talonneur Mathieu Blin. Il doit faire appel aux grandes entreprises, mais il a aussi besoin d’identité. D’autres comme Toulouse ou Perpignan parviennent à allier développement et tradition. »

Une multiplication des huis-clos
« Pour vivre heureux, vivons cachés. » A croire que les différents entraîneurs du Top 14 se sont inspirés de cet adage pour organiser leurs séances d’entraînement. Inhabituel jusqu’à présent, le huis-clos se banalise. En grosse difficulté la saison dernière, le Stade Français a montré la voie. Quant au rival toulousain, il n’ouvre ses portes à la presse et aux médias que le lundi. Les entraîneurs sont également de plus en plus paranoïaques. Plus question de tester les lancements de jeu devant les quelques curieux. Plus question non plus de laisser les joueurs s’exprimer au lendemain de lourdes défaites. Les Bayonnais et Castrais en ont fait l’expérience. Place au culte du secret.

P.Ta.