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Mermoz : "J’ai besoin de jouer au rugby pour être heureux"

Maxime Mermoz (Toulon)

Maxime Mermoz (Toulon) - AFP

Peu utilisé à Toulon, Maxime Mermoz espère être libéré pour finir la saison en Angleterre. Dans Direct Rugby ce lundi soir sur RMC, l’international français a expliqué sa situation et sa simple envie de rejouer.

Maxime Mermoz, on parle beaucoup de vous ces derniers temps…

Oui, à défaut de me voir jouer…

Allez-vous quitter Toulon et quand ?

Aujourd’hui, il n’y a rien de plus, rien de moins, qu’il y a dix jours quand le président a dit que la lettre de sortie n’était pas signée.

Qu’est-ce qui bloque ?

Je ne sais pas. Ce qui est bizarre, c’est que je n’ai communiqué sur ça. Je n’ai pas les tenants et les aboutissants.

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Quel est votre souhait ?

L’an dernier, j’ai beaucoup évoqué mon souhait de m’impliquer dans le club et sur le plus long terme. J’ai cru comprendre que c’était un peu l’inverse qu’on voulait. Donc j’avais pris la décision de quitter le club. Je ne vais pas dire à contrecœur, mais ce n’était pas mon choix numéro un. Et quand je me suis engagé ailleurs, je n’ai pas eu ma lettre de sortie. Depuis le début de l’année, je suis un peu, beaucoup, mis sur le côté. J’ai besoin de jouer au rugby pour être heureux. Et ce n’est plus le cas.

Avez-vous encore envie d’avoir votre chance à Toulon ?

Pendant quatre ans, j’ai beaucoup joué et j’espère avoir fait quand même de belles choses sur le terrain. Il n’y a pas si longtemps, j’étais en finale du championnat de France avec Toulon. Même si (Ma’a) Nonu avait pris un KO en demie, on était associé tous les deux. J’ai toujours travaillé et voulu être performant tous les week-ends. C’est pour ça aussi que j’ai pu retrouver l’équipe de France et la liste élite. Sauf que quand t’es coach de l’équipe de France et que t’as un joueur dans ta liste qui ne joue plus, c’est compliqué de le rappeler. Il y a, peut-être, une volonté nette de me mettre de côté. J’essaye de m’impliquer, de travailler au quotidien.

Quelle est votre relation avec Mike Ford, l’entraîneur ?

C’est toujours compliqué. Moi, je suis au club depuis quelques années. Il vient d’arriver et il a un contrat jusqu’en juin. Il a le sourire et comme beaucoup de coachs, il dit que la porte est toujours ouverte pour la discussion. On ne parle même pas de rugby. Il n’y a même pas de discussion de fond. Il n’y a rien. Je suis juste un spectateur au quotidien, acteur un petit peu. Je ne me suis pas encore plaint une seule fois.

Vous êtes attaché au club…

J’ai clamé plus d’une fois mon amour pour mon maillot. Mais je n’ai pas l’impression que ça ait de la valeur aujourd’hui dans le rugby. Le rugby a beaucoup changé. Je me suis dit que, quitte à devenir comme le foot, on est obligé de faire des choix très personnels malheureusement. Le fait d’avoir perdu mon père m’a ramené à mes sources, là où j’ai commencé le rugby, dans les Vosges. J’ai revu tous les amis qui m’ont donné envie de jouer au rugby quand j’avais quatre, cinq ans. Et je me suis dit « merde, si j’ai envie de me lever le matin, c’est juste pour jouer au rugby, m’amuser avec les copains ». Et malheureusement, ce n’est plus le cas. Et peu importe les raisons.

Si vous avez votre lettre de sortie, vous rejoignez Leicester ?

Oui, parce que ça ne peut être qu’enrichissant. Même si leurs deux derniers résultats en Coupe d’Europe sont un peu flippants… Mais ils ne jouaient plus grand-chose. En championnat, ils ont accroché les Saracens, les Wasps. Ça reste un grand club, avec lequel j’étais en contact depuis pas mal d’années. Je n’aurais pas imaginé parler de ça, de joker, pour avoir du temps de jeu. Malheureusement, il faut regarder la réalité en face.