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Montpellier: "On joue le maintien, il faut sauver le club", Paillaugue monte au front

Le MHR, qui reste sur neuf défaites en dix matches, doit absolument renouer avec le succès samedi soir pour continuer à croire au maintien. Pas décroché au classement, les hommes de Philippe Saint André doivent valider les bonnes choses entrevues à l’entraînement contre Lyon. Benoît Paillaugue devrait retrouver une place de titulaire. Le numéro 9, au club depuis 2009, a tout connu avec le MHR, notamment les différentes crises. Et dans ces périodes compliquées, Paillaugue a toujours assumé son rôle de leader.

Les temps sont durs au MHR. Et pour s’en convaincre, il suffit de constater le retour sur le devant de la scène médiatique de Benoît Paillaugue. Bien sûr le demi de mêlée du MHR se passerait bien de ce rôle. Mais à chaque fois, que le club a traversé des tempêtes, Paillaugue a eu un rôle capital pour sortir le club de la crise. Lors du départ Galthié, il faisait partie du conseil des sages qui multipliait les réunions chez Mohed Altrad. Après la claque reçue contre Perpignan en 2018, il avait été promu capitaine pour sauver la fin de saison. Il s’était démultiplié sur et en dehors du terrain pour recoller les morceaux. Il avait fini la saison à Lyon épuisé physiquement et rincé psychologiquement.

Et après le départ de Garbajosa, il est de nouveau propulsé en première ligne. Leader de vestiaire, il sera titulaire samedi. Pour apporter son expérience, sa fougue, son amour du club et pour soulager Anthony Bouthier du rôle de buteur. Et Paillaugue sait que le club attend beaucoup de lui dans ce rôle de leader: "C’est ce qu’on m’a demandé de faire et je vais le faire comme je sais le faire du mieux possible. Mais il n’y a pas que moi. Je sens que tout le monde a réellement pris conscience de la chose avec ses réunions".

Une nouvelle page de l’histoire du club

Depuis la défaite contre Castres, les réunions se sont en effet multipliées. Dans le vestiaire après match, les jours suivants dans le club. Une prise de parole libre pour essayer de mettre des mots sur la situation actuelle et prendre conscience de l’urgence de la situation: "On s’est vraiment mis dans la tête qu’on joue le maintien pour de bon cette fois-ci donc il y a urgence. L’objectif des joueurs c’est de sauver le club en tout 14. Il faut écrire une nouvelle page peut-être la plus importante de notre club." Paillaugue qui a connu le maintien à son arrivée, les phases finales avec la finale de 2011, le titre en bouclier européen en 2016, se prépare à jouer le maintien cette année: "cette équipe n’a pas le droit de tout galvauder. Retrouver son nom dans l’effectif qui a fait descendre ce club, personne n’a envie de ça."

Appel à l’union sacrée

Benoît Paillaugue demande une unité derrière le club: "dans cette période compliquée, l’expérience de chacun, l’envie des nouveaux comme Gabriel Ibitoye (joker médical en provenance d’Agen), les jeunes qui veulent nous aider, tout va compter. Ce n’est pas un ou deux joueurs qui va sauver le club. C’est tout un club, les bureaux, les supporters, les familles. C’est tout ça qui va nous aider." Un message que Paillaugue a voulu aussi adresser aux anciens du club notamment à Julien Tomas qui a eu des mots durs sur Sud Radio. L’ancien joueur du club (de 2014 à 2013 et de 2018 à 2019) n’a pas été tendre avec son club de cœur "je trouve que c’est très inquiétant. Je suis effondré !" Adjoint de Xavier Garbajosa, l’année dernière, Julien Tomas n’a épargne personne: "au niveau du staff, il n’y a pas de connexion idéologique et humaine, chacun veut créer et écraser l’autre par l’ego du pouvoir. Au niveau sportif, les joueurs ont leurs responsabilités. Il faut mouiller le maillot, mettre les mains dans le cambouis, mettre le bleu de chauffe ! Ils se contentent de prendre leur salaire de sénateur et de ministre à la fin du mois. Cela me rend fou !" Benoît Paillaugue s’est expliqué avec Julien Tomas mais il a tenu à marteler son message: "on a besoin que les anciens joueurs nous aident plutôt que nous enfoncer. Il y a des mots qui ont été assez durs à entendre. Quand des anciens joueurs qui ont porté ce maillot et qui savent l’implication de certains joueurs, se permettent de dire des choses comme ça, moi ça m’affecte ça fait mal. On a besoin de soutien".

Julien Landry