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Racing: "On ne peut pas se permettre de faire des folies", avoue Lorenzetti pour les fins de contrat

Après une intersaison plutôt calme, le Racing prépare déjà activement en coulisses la saison prochaine puisque plus de vingt joueurs seront en fin de contrat l’été prochain. Le président francilien Jacky Lorenzetti fait le point pour RMC Sport.

Jacky Lorenzetti, 22 joueurs seront en fin de contrat au Racing 92 en fin de saison. Est-ce une période casse-tête ?

Oui, c’est un peu compliqué. On mène des négociations avec les joueurs et en même temps, on doit établir nos prévisions et nos budgets. Et eux doivent donner le meilleur d’eux-mêmes sur le terrain. Ils sont sollicités par de nombreux clubs, ce qui est compréhensible. Globalement, je pense qu’ils ont envie de rester. C’est à nous de trouver le bon équilibre pour respecter le salary cap et satisfaire les joueurs.

Un des cas les plus emblématiques concerne votre capitaine Henry Chavancy, en fin de contrat, bien parti pour rempiler…

Oui, nous sommes en discussion. Nous sommes sur la dernière ligne droite, mais encore faut-il franchir la ligne. La volonté commune est de continuer, et même au-delà. Nous avons fait des ouvertures pour l’après. Il y a aussi d’autres activités dans le groupe. C’est un homme bien sous tous rapports. Et ça dépasse le cadre du rugby.

"Avec Finn (Russell), on a abordé avec beaucoup de franchise ce que j’avais lu et je lui ai demandé ce qu’il en était"

Cet été, la presse étrangère a fait état d’un éventuel départ de l’Ecossais Finn Russell dans le club japonais des Green Rockets Tokatsu. Le joueur a confirmé cette semaine qu’il restait. Que s’est-il vraiment passé ?

Comme je le fais habituellement en début saison, j’ai vu tous les joueurs un par un par un pour leur souhaiter une bonne saison et faire un point avec eux sur d’éventuels sujets particuliers. Avec Finn, on a abordé avec beaucoup de franchise ce que j’avais lu et je lui ai demandé ce qu’il en était. Il m’a dit qu’il avait en effet été indirectement contacté par le Japon mais que ça n’était pas allé plus loin. On a convenu que le club avait envie de le garder et qu’il aille au minimum au bout de son contrat (en juin 2023), et que lui avait aussi envie de rester au Racing. Et il l’a confirmé. Après, on ne sait pas de quoi demain sera fait mais le souhait des deux parties est de continuer ce contrat jusqu’au bout.

Vous aviez eu parfois par le passé des mots un peu durs envers lui après des défaites en phases finales ces dernières années...

Oui, mais il est encore assez jeune (29 ans dans quelques jours) et je pense qu’il peut encore s’améliorer. Il a fait une bonne prestation avec les Lions cet été. On espère qu’il sera au rendez-vous des gros matchs. C’est pour ça qu’on l’a. Nous avons aussi d’autres ouvreurs de talent avec Gibert, Volavola et même Beale qui a joué plusieurs fois en dix avec l’équipe d’Australie. Nous ne sommes pas dépourvus à ce poste-là, mais Russell est le zeste de folie qui doit faire gagner les matchs. On lui a demandé d’être un peu dingue ! Et il l’a bien compris. (Rire)

Concernant Antoine Gibert, qui avait été un temps courtisé par Biarritz et Montpellier, le club de La Rochelle s’est positionné mais le Racing est visiblement confiant quant à une éventuelle prolongation…

On entend son nom partout. A La Rochelle, je suppose que nos amis Ronan (O’Gara) et Donnacha (Ryan) doivent travailler. Ils viennent de chez nous et le connaissent parfaitement bien. Antoine est un enfant du club, comme Henry (Chavancy), Eddy (Ben Arous), Louis (Dupichot) et d’autres. Il est chez nous depuis l’âge de 7 ou 8 ans. Son papa travaille chez nous aussi à l’école de rugby. Il a vraiment envie de rester, et nous on a vraiment envie de le garder. Là aussi, c’est une question de dosage. On ne peut pas se permettre de faire des folies, sauf à tricher… Dans certains clubs, ils sont plus demandeurs de dix que de piliers, de notre côté nous sommes peut-être plus demandeurs de piliers que d’ouvreurs. Evidemment, les moyens vont là où on en a le plus besoin.

Jean-François Paturaud