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Revol : « Castres est à l’abri d’un contrecoup brutal »

Pierre-Yves Revol

Pierre-Yves Revol - -

Invité de l’Intégrale Sport ce mardi sur RMC, Pierre-Yves Revol, l'ancien président de Castres, a assuré que l'entreprise Pierre Fabre restera aux côtés du club malgré la disparition de son fondateur. Et que le titre de champion ne changera pas la mentalité du club tarnais.

Pierre-Yves Revol, après la disparition de Pierre Fabre, vous êtes désormais le président de la holding qui contrôle le groupe. L'engagement de l'entreprise auprès du CO va-t-il changer ?

Son entreprise soutient le club depuis 30 ans et ce soutien va être pérennisé. C’est prématuré de dire que sa disparition ne changera rien. Il y a l’absence de M.Fabre. Ça pèse dans les cœurs de tout le monde et, au-delà de l’entreprise, de la population. Ça aura aussi un impact chez les joueurs. On va essayer de le surmonter au mieux. Une chose est certaine, l’entreprise restera aux côtés du club.

Vous avez connu un été avec beaucoup d’émotions fortes entre le titre et la disparition de M.Fabre. Comment avez-vous vécu cela ?

En ce qui concerne le titre, on a vécu ça d’une façon merveilleuse. Le second événement a été vécu d’une façon très triste et très difficile. C’est une entreprise et une ville qui a vécu pendant très longtemps grâce à un homme qui l’a créée et qui l’a animée toute sa vie. C’est une page très différente qui s’ouvre avec quelqu’un qui n’est pas remplaçable et une organisation qui sera différente à bien des niveaux.

D’un point de vue sportif, estimez-vous que Castres soit capable de refaire le coup de la saison passée ?

On ne peut pas prétendre à un rôle de favori. Le budget du club reste quasi identique. On sera le 9e ou 10e budget du Top 14, ce qui était le cas l’année dernière. C’est une gageure d’arriver chaque année à jouer les premier rôles avec un budget de ce type. On assume cette situation et celle d’outsider nous convient bien. Ce qui est garant d’un certain niveau de performance, c’est la stabilité de l’effectif. On a eu deux départs majeurs (Joe Tekori et Marc Andreu) compensés par deux arrivées importantes (Richie Gray et Julien Tomas). Ça nous permet de regarder l’avenir avec un relatif optimisme. Il y a beaucoup de stabilité dans ce groupe. Les entraîneurs ont changé mais ceux qui arrivent (Serge Milhas et David Darricarrère) ont été choisis pour s’inscrire dans la continuité. Ce ne sont pas des entraîneurs stars et paillettes. Ils apporteront leur touche personnelle qui correspond bien à l’esprit du club et à la mentalité de la ville. Je leur fais confiance pour continuer le travail exceptionnel réalisé par les deux Laurent (Labit et Travers).

« On peut encore tirer notre épingle du jeu »

Le meilleur recrutement de l’été n’est-il pas d’avoir réussi à conserver Rory Kockott ?

Ça a été un feuilleton largement alimenté par les médias. Nos relations ont toujours été très correctes. A un certain moment, il a eu des souhaits d’évolution mais le club avait une position plus mesurée. Finalement, on s’est tous retrouvés sur la même ligne après le titre. On a discuté et ça a été très rapide. Il est reparti avec beaucoup de convictions dans l’aventure. C’était une des conséquences du titre et une très bonne nouvelle pour le club parce que ça a remis du baume au cœur à tout le monde.

Craignez-vous cette saison qui arrive ?

La passé nous a instruits de différents épisodes parfois douloureux pour des équipes championnes qui avaient du mal à digérer leur titre, que ce soit dans le rugby ou dans d’autres sports. On sait que ce sera encore plus difficile. Ce qui pondère nos craintes, c’est la stabilité du groupe et un état d’esprit hyper positif. On ne se prend pas pour d’autres. On sait ce que nous sommes et ce que nous sommes capables de faire. On ne se met pas une pression exceptionnelle sur le dos. On peut encore tirer notre épingle du jeu même si après un titre ce sera encore plus compliqué. Mais depuis quatre ou cinq ans, on a montré qu’on savait gérer des situations compliquées.

Peut-on comparer le titre de Castres à celui de Montpellier en football ?

La concurrence s’est encore renforcée. Vu de l’extérieur, après un titre en football, les joueurs sont très sollicités. On est dans un contexte très différent. On a la chance d’avoir un groupe très sain et qui ne va pas être déstabilisé par ce qui lui est arrivé. Je dis ça avec toute la prudence qui s’impose parce que je ne veux pas être prétentieux. Je pense qu’on est à l’abri d’un contrecoup brutal. On sait que ce sera un championnat avec plein de facteurs qui vont entrer en jeu. Ce sera très serré et parfois une saison se joue sur pas grand-chose. Et on ne maîtrise pas tout.

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