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Sid : « On doit se remettre en question »

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Championne de France sortant, l’USAP enchaîne les mauvais résultats. Mais plutôt que de tomber dans la panique, Farid Sid préfère se servir de ces revers pour mieux rebondir. A commencer par la réception du Racing, vendredi (20h45).

Farid Sid, dans quel état d’esprit abordez-vous le match contre le Racing, alors que Perpignan vit sans doute sa première crise depuis son titre de l’année dernière ?
On peut même dire depuis deux ans. L’année dernière, nous n’avons pas eu de passage à vide. Cette équipe du Racing est très forte sur les bases. C’est ce qui leur a permis de gagner des matchs importants à l’extérieur, puisqu’ils totalisent quatre succès loin de leurs bases (ndlr : Albi, Brive, Bayonne et Biarritz). Ils vont venir avec de l’ambition pour se donner encore plus de confiance et de considération vis-à-vis des autres. Ils seront également sans doute un peu revanchards parce qu’on les a battus chez eux à l’aller (14-18). Depuis, les deux équipes ont évolué. Une dans le bon sens, l’autre dans la difficulté avec une série de quatre défaites. Ça faisait longtemps que l’USAP n’avait pas connu une telle période. J’espère que ça sera des défaites constructives.

Cette équipe du Racing vous étonne-t-elle ?
Oui et non. Non parce qu’elle produit un jeu qui correspond à son recrutement avec un paquet d’avants très lourd et de l’occupation avec de bons dix. Là où c’est un peu plus étonnant, c’est au niveau de la cohésion. C’était le risque avec la venue de grands joueurs et de stars. Ils ont été capables de créer un groupe.

Que vous êtes-vous dit entre vous pour relancer la machine ?
Pour commencer, sur les quatre défaites, il y en a trois à l’extérieur (Munster, Brive et Toulouse). Sur les quatre défaites, on peut en gagner trois. On donne trois matchs puisqu’on manque de maîtrise et qu’on n’est pas capable de concrétiser les temps forts et de mettre les points au moment où il le faut. On doit être capable de sortir du positif de ces défaites pour nous en sortir. Elles montrent nos problèmes, mais mettent aussi en avant nos qualités contre des grosses formations.

« C’est difficile de dire qu’il n’y a pas d’inquiétude »

Y-a-t-il de l’inquiétude du côté de Perpignan ?
C’est difficile de dire qu’il n’y a pas d’inquiétude. Si on n’est pas inquiet, ça veut dire dans un sens qu’on ne prend pas en compte les mauvais résultats. On doit se remettre en question. Les équipes qui veulent grandir et se construire un palmarès - et c’est l’ambition de l’USAP - doivent être capables de vivre des périodes plus difficiles, sans pour autant tout perdre et repartir de zéro. On connait nos forces. Celles qui nous ont permis d’être champion, de tenir notre rôle et qui nous permette un certain rendement. Il faut s’appuyer sur cela, mais cela ne suffit pas. Il faut aller plus loin. C’est ce que nous ont montré ces trois derniers matchs.

Avez-vous digéré l’élimination de la Coupe d’Europe ?
Les deux derniers résultats (ndlr : défaites contre Toulouse et Brive) montrent que ce n’est pas forcément le cas. Mais au-delà de l’élimination et de deux défaites en Top 14, il en ressort une grosse frustration parce que ce sont des défaites au couteau. Tout cela a généré une remise en question et une frustration. On doit se servir de cette frustration pour se remobiliser… pour se mobiliser. Le plus important est devant nous. On doit construire notre fin de saison. On va servir de ces moments là et de cette élimination pour pouvoir repartir vers un nouveau rêve et pourquoi pas un nouveau Bouclier.

Pierrick Taisne