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Stade Français - Parisse: ''Cette fusion ? Un grand manque de respect''

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ENTRETIEN RMC Sport. Il s’était offusqué sur Twitter mais ne s’était pas encore exprimé au micro d’un média sur le projet de fusion envisagé par le Racing 92 et son club, le Stade Français. Le capitaine parisien Sergio Parisse s’est confié à RMC Sport, racontant comment il a vécu cette annonce. Et comment il envisage aujourd’hui son avenir au sein du club de la capitale.

Sergio Parisse, comment est l’ambiance au sein du groupe aujourd’hui ?

L’ambiance est plutôt sereine malgré ces 2-3 semaines assez compliquées, pour plusieurs raisons, que vous connaissez. Je pense que la victoire sur Toulon, dimanche dernier, nous a apporté beaucoup de sérénité. C’est important avant d’aller jouer ce quart de finale de Challenge Européen au pays de Galles.

Le projet de fusion entre votre club, le Stade Français et le Racing 92… vous l’avez appris sur les réseaux sociaux. Comment l’avez-vous vécu ?

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Ce n’était pas évident, surtout quand on n’est pas sur place. La semaine avant mon dernier match contre l’Ecosse, je m’étais déplacé ici à Paris pendant une journée, tout simplement pour être à côté de mes coéquipiers, de discuter avec eux de cette situation inédite, pour ne pas dire incroyable à mes yeux. Je ne me suis pas exprimé parce que je pense qu’il y a certaines choses qu’il faut se dire en face, entre hommes, pas devant les caméras. Je reste quand même très, très déçu de cette histoire, de la façon dont elle a été gérée, de manière vraiment catastrophique sur le plan humain. On verra la suite mais les choses les plus importantes il faut se le dire en privé.

Maintenant, le club est dans l’incertitude. On parle de projets de reprise mais rien de concret pour le moment...

On ne sait pas grand-chose. On sait seulement qu’il y a des projets pour reprendre le club. Ce n’est pas simple dans la tête des joueurs mais malgré ça on a une équipe de joueurs et d’hommes incroyables dans ce club. Personne n’a lâché. C’était vraiment facile que chacun règle ses problèmes individuellement et que le groupe s’éparpille. C’était loin de ça. Le match contre Toulon n’était peut-être pas très beau à voir mais au niveau de l’électricité, des émotions, c’était un match incroyable. Ça nous a servi pour reprendre de la confiance, retrouver le terrain et préparer ce quart de finale au pays de Galles.

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Avez-vous encore confiance dans les dirigeants du Stade Français ?

Ce n’est pas simple pour un joueur d’entendre dire dans la presse que le club va disparaître et cinq jours après entendre l’inverse. On ne finit pas de digérer une nouvelle très dure et puis d’un coup, il n’y a rien qui se fait et puis après beaucoup d’incertitudes. La seule qui pour moi et pour toute l’équipe est la difficulté la plus dure, c’est celle d’avoir confiance dans ce que nous dit le club. Dans notre sport, c’est important d’avoir de la confiance avec les gens avec lesquels on travaille. Aujourd’hui, on est dans une situation où on attend et on espère avoir dans les prochaines semaines des bonnes nouvelles. Le seul souci qu’on doit avoir nous les joueurs, c’est sur le terrain. C’était important après tout ce qu’on a fait de valider tous les choix difficiles qu’on a dû prendre face à Toulon par une victoire.

Pouvez-vous refaire confiance à votre direction ?

On dit qu’aujourd’hui, c’est comme dans la vie. On fait toujours confiance aux gens. Après, quand on se sent un peu trahi, quand on ne fait partie de rien et qu’on apprend des choses par la presse, ce n’est pas évident. On dit beaucoup de choses autour du sport, notamment du rugby. On parle de respect, de valeurs. Mais quand on voit des choses qui se passent dans nos familles et qui sont gérées d’une façon complètement incroyable, comment on peut avoir confiance ? Ce sont aux dirigeants maintenant de regagner la confiance des joueurs, des supporters, des partenaires, de tout le monde.

On parle de trahison là…

Trahison, pas trahison… je ne veux pas aller plus loin dans les mots. Je parle évidemment pour moi. Moi personnellement, cela fait 12 ans que je suis au club. Après cette histoire de fusion, non-fusion, je peux dire que j’ai tout vécu dans ce club. Quand personnellement, après 12 ans dans ce club, j’apprends une telle nouvelle par les réseaux sociaux… pour moi, c’est un grand manque de respect vis-à-vis de moi, vis-à-vis de ce que j’ai donné pour ce club. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas eu d’explications.

On va évoquer votre avenir. On parle de vous à Gloucester notamment...

Oui, totalement infondé. Mais ça fait partie du jeu. Dans mon cas, c’est vraiment infondé. J’entends et je lis de tout. J’ai beaucoup de respect pour ces équipes. Mais aujourd’hui, je joue au Stade Français et je veux pouvoir finir ma carrière ici.

Vous souhaitez boucler la boucle au Stade Français ?

Oui, évidemment. Finir ma carrière ici au club, c’est toujours ce que je souhaitais. Je suis engagé avec le club jusqu’en 2020. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’incertitudes sur le futur du club. C’est important de savoir comment le club sera géré, par qui et avec quel projet. Une fois que j’aurai toutes ces informations, je pourrais prendre ma décision ou pas. Mais ce qui est mon souhait, c’est de pouvoir finir ma carrière ici.

Que peut-on souhaiter au club et à vous également ?

Personnellement, je ne sais pas. Mais au club, de rester grand. De rester ce club particulier que tout le monde aime. Par le passé, ce club a montré tellement de choses et a donné tellement au rugby en général. J’espère qu’il va pouvoir continuer à jouer le haut de tableau et redevenir une grande équipe. J’espère qu’on aura de bons moments à l’avenir et faire mes trois dernières années de ma carrière avec le maillot rose du Stade Français.

Propos recueillis par JF Paturaud et J. Richard