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Stade Toulousain : pourquoi Clerc est sur le départ

Vincent Clerc (Stade Toulousain)

Vincent Clerc (Stade Toulousain) - AFP

La suite de la carrière du trois-quarts aile international Vincent Clerc pourrait s’écrire loin du Stade Toulousain. Alors qu’il est en fin de contrat à l’issue de la saison, les discussions avec son club sont au point mort. Et l’idée de le voir sous un autre maillot prend jour après jour de l’épaisseur. Explications.

La scène se passe en début de semaine au stade Ernest-Wallon. Pour mettre en lumière le match face au Racing ce dimanche (16h15), le club a convoqué une conférence de presse. Fabien Pelous, le directeur sportif, est présent. Entre deux questions sur le match, il est interrogé sur l’avenir de Vincent Clerc. Il précise alors la position du club : « C’est toujours en négociation. On a envie de le conserver, bien évidemment. On a envie que Vincent Clerc fasse son dernier match sous les couleurs du Stade Toulousain. Il a porté le maillot pendant quatorze ans, il n’y a pas de raison que ça se finisse autrement. » Avant d’ajouter : « On est toujours dans cette période un peu délicate à gérer qu’est la négociation, mais on avance en tous cas dans le dossier ».

Un message en forme d’hommage qui pourrait aller droit au cœur du joueur. Seulement voilà, entre le discours de façade face aux médias et les coulisses véritables de ces « négociations », il y a un fossé. Voire un gouffre. En fin de contrat après quatorze ans de bons et loyaux services, Vincent Clerc est, à l’heure où nous écrivons ces lignes, bien plus près d’un départ que d’une éventuelle saison supplémentaire sous un maillot avec lequel il a tant gagné (trois Coupes d’Europe, trois Boucliers de Brennus). Et les dernières semaines ont été riches en rebondissements. Manque maintenant l’épilogue.

Le staff voulait d’abord qu’il continue

Retour en arrière. Au début de la saison, Vincent Clerc ne sait pas encore si cet exercice sera son dernier avec Toulouse. Il sent qu’il a l’envie et les jambes pour ajouter un an à sa carrière. Mais il sait qu’à son âge (il aura 35 ans le 7 mai), ils ne sont pas nombreux à avoir prolongé au Stade Toulousain. Les exemples de ses anciens coéquipiers Skrela, Jauzion ou Bouilhou ne l’incitent pas à l’optimisme. Pourtant, entre la fin d’année 2015 et le début 2016, le staff lui signifie son envie de le voir continuer dans l’effectif. Ses performances récentes (6 essais en Top 14 cette saison) parlent pour lui. Et Clerc a toujours donné la priorité au Stade Toulousain. D’ailleurs, il le dit publiquement, il ne se voit pas porter un autre maillot en France. Il souhaite jouer au moins un an de plus et réfléchit également à sa reconversion.

Une prolongation semble donc se dessiner. Mais au moment de passer à la table des négociations, le message semble moins limpide : pas de proposition ferme, encore moins écrite. Le président du Stade Toulousain René Bouscatel reste mesuré devant une éventuelle prolongation. Et au fil des rendez-vous, la communication entre les deux parties devient difficile. Le point d’orgue est atteint il y a dix jours, lorsque le club fait finalement parvenir une offre à Clerc. Laquelle l’aurait vraisemblablement plus attristé qu’autre chose, lui donnant le sentiment qu’on ne veut finalement plus de lui au Stade Toulousain…

Vatakawa entre dans la danse

Mais un élément (et non des moindres) s’est glissé dans l’histoire il y a peu, changeant la donne : il se nomme Virimi Vakatawa. L’ailier international, qui reviendra à XV après les Jeux Olympiques de Rio disputés avec l’équipe de France à 7, suscite la convoitise de beaucoup de clubs du Top 14. Et Toulouse en fait partie. Or, le Stade Toulousain doit lui faire une place dans son effectif. C’est aussi pour cette raison qu’il souhaite libérer Alexis Palisson à un an de la fin de son contrat et qu’il n’est plus tout à fait sûr de vouloir conserver Vincent Clerc. Tout en n’étant pas certain d’attirer le Fidjien d’origine dans ses filets…

Car la situation ressemble maintenant à un billard à deux bandes. A son retour de Singapour, où il brille de mille feux avec les Bleus, Vakatawa a rendez-vous avec le Racing en milieu de semaine prochaine. Laurent Travers et Laurent Labit veulent connaître ses intentions futures. Et ont déjà précisé que si Vakatawa prenait la direction d’un autre club, ce dernier devrait s’acquitter de 200 000 euros d’indemnités de formation (Vakatawa a rejoint le Racing à l’âge de 18 ans avant de jouer pour l’équipe de France à 7). Et en cas d’échec, le club francilien est intéressé par… Vincent Clerc, dont l’écho de la situation est remonté jusqu’à Paris.

Dernier match au Stadium ?

Ses performances, son expérience et son image ne laissent pas insensible le Racing 92, qui se verrait bien faire un coup similaire à celui de Yannick Nyanga. L’ancien Toulousain est loué cette saison pour son professionnalisme. Un exemple auprès des jeunes de l’effectif. Un rôle que pourrait tenir Clerc. Mais ce dernier n’a pour le moment reçu aucune proposition. Le Racing s’est juste renseigné. Et d’autres clubs s’intéressent aussi à lui. Clerc est en tous cas également obligé d’anticiper pour ne pas se retrouver sans solution le moment venu. Le Stade Toulousain changera-t-il de stratégie ? Est-il maintenant trop tard ? Vincent Clerc va-t-il éventuellement jouer son dernier match en rouge et noir au Stadium de Toulouse ce dimanche ? Les fans toulousains devraient s’y préparer…

WT