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Temps de crise au Racing-Métro

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Battu par le Stade Français (29-3) samedi, le Racing glisse doucement au classement. Et s’il s’agissait des prémices d’une crise hivernale au sein du club francilien ?

Pierre Berbizier n’est pas homme à mâcher ses mots. Surtout quand ses joueurs lui offrent une prestation indigne d’un demi-finaliste potentiel du championnat. Alors quand on interroge le manageur du Racing-Métro 92 sur le soutien des lignes arrière à l’attention de Simon Mannix avant la rencontre, la réponse fuse. « Je crois qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent, glisse-t-il. Le meilleur moyen de le soutenir aurait été de montrer sur le terrain que Simon Mannix a fait du bon travail avec nous et que ça portait ses fruits. Ce n’est pas devant les caméras en dehors du terrain. C’est sur le terrain. »

Dans le viseur de l’ancien demi de mêlée, l’initiative de Henry Chavancy. Lors de la présentation des équipes sur Canal +, le centre, ainsi que ses coéquipiers Vakatawa, Bobo et Saubade, ont déplié une bandelette sur laquelle était inscrit : « There is only one Simon… »* « Ils ont eu cette réponse, reprend Berbizier. Je leur rappellerai que les réponses se donnent sur le terrain. Mais même sur le terrain j’ai été surpris de leur prestation. Comme quoi (ironique) ces joueurs sont surprenants. » Les intéressés apprécieront. Pleinement soutenu par son président Jacky Lorenzetti, Berbizier sent monter un vent de lassitude dans le vestiaire. Une première depuis qu’il a repris en main l’équipe.

Saubade : « Besoin de se vider la tête »

Il faut dire qu’après trois victoires de rang, le Racing a connu deux désillusions européennes contre Cardiff (26-20) et à Edimbourg (48-47) avant de se rattraper contre Biarritz (28-9). Et la fessée ressemblerait à s’y méprendre à une rechute. « C’est la continuité d’une période difficile, souffle Julien Saubade. A nous de réagir. On a deux matchs de H-Cup qui arrivent. On va essayer de se vider la tête et de repartir sur de bons rails. Quand on prend trente points, c’est difficile d’être joyeux. Le travail n’est pas mauvais en semaine, mais ça ne suffit pas. Il faut mettre plus d’énergie dans le match et avoir un mental de gagneur. »

Désormais septième après la victoire d’Agen contre Bayonne (37-18), le Racing occupe son plus mauvais classement depuis le début de la saison. Et après la trêve européenne, Sébastien Chabal et ses coéquipiers se frotteront au SUA pour la fin des matchs aller avant de reprendre par deux déplacements à Montpellier et Perpignan. « L’an passé nous jouions de manière plus restrictive, analysait Sébastien Chabal après la rencontre. Ça convenait plus à notre effectif. Mais pour gagner des titres, il faut qu’on fasse évoluer notre jeu. Là, on fait trop ou pas assez. » C’est aussi ça la crise de croissance.

* « Il n’y a qu’un seul Simon »