RMC Sport

Top 14: "Ça fait un bien fou", Henry Chavancy raconte son retour après six mois d’absence

Ecarté des terrains depuis le mois d’avril en raison d’une lourde blessure à l’épaule, Henry Chavancy (33 ans) a fait son retour, samedi dernier, avec une dizaine de minutes de jeu lors de la victoire contre Perpignan. Pour RMC Sport, le centre du Racing s’est longuement confié sur cette reprise, ses longs mois d’attente, sa prolongation jusqu’en 2024, son statut de capitaine partagé avec Gaël Fickou et le début de saison mitigé de son club avant le déplacement à Toulon samedi.

Sa blessure à l'épaule contre Edimbourg: "On sait tout de suite que c’est grave"

"C’est un des moments les plus douloureux de ma carrière, sans le moindre doute. Quand l’épaule est sortie, je l’ai senti de suite… J’étais sous un regroupement, j’ai essayé de sortir un peu de cette zone de combat. Je me suis allongé dans l’en-but. Les médecins ont eu du mal à me remettre l’épaule. A chaud, c’était encore supportable. Puis, au bout d’un moment, quand ça se refroidit, la douleur était importante. On sait tout de suite que c’est grave. On attend que l’épaule revienne dans l’axe pour aller à l’hôpital. C’étaient de longues minutes de souffrance. Je dois rendre hommage au staff médical, au chirurgien qui s’est occupé de moi. Grâce à eux, ce n’est qu’un mauvais souvenir."

Ses six mois sans jouer: "Je n’ai pas trop gambergé"

"Evidemment, c’était long. Quand on est à l’écart des terrains, on est un peu en marge de l’effectif. Même si j’étais au quotidien avec eux (ses partenaires), je n’étais pas sur les terrains. J’étais un peu en décalé. J’ai besoin d’être entouré de mes amis, de mes coéquipiers et de sentir le groupe. C’est très difficile et frustrant de ne pas pouvoir apporter ce que j’aurais pu, surtout lors des phases finales. J’ai bien travaillé pour revenir. C’était la première grosse blessure de ma carrière. Je n’ai pas pu me servir de mon bras pendant plusieurs semaines, dans la vie quotidienne ça implique certains préjudices. J’ai dû apprendre à gérer cette situation pas facile. On se pose forcément des questions sur la suite de sa carrière, surtout que j’étais en fin de contrat. Mais je n’ai pas trop gambergé. Je n’ai jamais vraiment douté de la suite de ma carrière, même si, forcément, on se pose des questions quand on arrive à des âges un peu plus élevés. Mon objectif, qui était un peu ambitieux, était de reprendre en même temps que tout à la reprise du championnat, malheureusement cela n’a pas été le cas en raison de douleurs persistantes. J’étais un peu frustré mais j’ai pu me lancer contre Perpignan. C’est désormais de l’histoire ancienne et j’espère que les blessures me laisseront tranquille pendant un moment."

Son retour contre l’USAP: "Un sentiment mitigé"

"Ça fait un bien fou. J’attendais ça avec impatience depuis six mois. C’était assez étrange. J’étais très heureux et très excité, mais en même temps j’avais occulté ces six mois. J’avais l’impression que c’était un match comme un autre, et que j’avais joué la semaine d’avant. C’était un sentiment mitigé. Il y avait bien sûr de l’appréhension après six mois sans avoir foulé une pelouse. Mais avec l’adrénaline et l’excitation, ça passe au second plan. Je ne suis pas encore à 100%, j’ai encore une marge de progression importante. Je n’ai joué que 15 minutes samedi. Il me faut encore un peu de temps pour revenir à mon meilleur niveau."

Sa prolongation de contrat: "Une envie commune de continuer"

"J’avais vraiment à cœur de continuer ma carrière ici, peut-être même de la terminer. J’ai eu la chance que les discussions soient assez rapides avec Jacky Lorenzetti et tout le staff de Laurent Travers. Cela s’est fait naturellement avec une envie commune de continuer. Je suis super heureux et reconnaissant de pouvoir poursuivre l’aventure. J’ai resigné deux ans de plus, soit jusqu’en 2024. Il sera alors peut-être grand temps d’arrêter! (Rires) Même si je me sens en forme, j’ai 33 ans. On verra comment le corps répond, l’envie aussi. Aujourd’hui, je ne mets pas de limite durant ces trois saisons. L’après-rugby? Je ne sais pas. Je n’ai pas encore de réponse. Je dois explorer ce qui peut me plaire ou non, dans quel domaine je peux être compétent ou pas. La vie de joueur s’arrêtera forcément bientôt, je dois préparer l’après. Ça ne m’inquiète pas forcément. On verra…"

Le capitanat partagé avec Gaël Fickou: "Les choses ont été énoncées très clairement"

"Avec Gaël, ça se passe très bien. Les choses sont très claires. Aujourd’hui, Gaël est le capitaine de cette équipe et je ne commence pas les matchs. C’est un leader et quelqu’un de respecté par tout l’effectif. On a une très bonne relation. Il nous apporte beaucoup. Quand je commencerai les matchs, je prendrai le relais en tant que capitaine. On est dans le même bateau et on rame dans le même sens. Je ne pense pas que l’on soit concurrents. Nous sommes coéquipiers avec les mêmes objectifs et l’ambition d’aider l’équipe à performer. Les choses ont été énoncées très clairement en début de saison: je reste le capitaine de cette équipe, et Gaël le vice-capitaine. On n’a aucun ego par rapport à ce rôle. Les coachs feront leurs choix et on les respectera. Faites-nous confiance, il n’y aura pas de souci."

Le début de saison du Racing: "Je suis déçu pour l’instant"

"On ne tourne pas encore à plein régime. Notre début de saison a été très mitigé sur le plan des performances. Au niveau des résultats, je dirais que nous sommes dans les clous avec quatre victoires en six matchs. Ce n’est pas catastrophique mais sur le plan du jeu, je suis assez déçu pour l’instant. Nous ne sommes pas vraiment à 100% de notre potentiel. Sur les différents matchs, ce ne sont pas toujours les mêmes secteurs qui pêchent. On n’arrive pas vraiment à avoir des performances abouties depuis le début de saison. Je suis frustré mais aussi confiant car on va travailler dur pour maximiser notre potentiel et devenir une équipe redoutable. On finira par y arriver. Le prochain match, ce sera un déplacement à Toulon extrêmement difficile. On connaît le contexte toulonnais, on sait où l’on met les pieds. Ils auront peut-être beaucoup de pression et on s’attend à un match extrêmement engagé avec énormément de combat. De notre côté, on voudra progresser par rapport à nos derniers matchs et faire du mieux possible."

Par Jean-François Paturaud