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Top 14 : et maintenant, le tout-à-l’écran !

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Après le recours accru à la vidéo en début de saison, la diffusion sur écran géant. Le Top 14 offrira dès ce week-end la possibilité à l’arbitre et aux spectateurs de revoir les actions litigieuses. Bonne ou mauvaise idée ?

La prochaine étape ? Distribuer vingt mille sifflets à l’entrée du stade ? Ce week-end, les spectateurs du Top 14 vont devenir des arbitres apprentis, avec vraisemblablement un sens de l’équité à géographie variable. Car la LNR et la FFR, en appliquant à partir de cette 7e journée le protocole de l’IRB, leur offrent désormais la possibilité de revoir sur écran géant les actions litigieuses du match auquel ils assistent et pour lesquelles l’arbitre de champ a demandé de l’aide à son collègue préposé à la vidéo. Quelques milliers de nouveaux juges pourront donc se forger leur propre avis sur telle ou telle décision. Et si leur pouvoir ne sera pas direct, leur influence sera certainement parfois difficile à supporter pour le corps arbitral, à l'origine pourtant de cette innovation. 

Guy Novès, le manager du Stade Toulousain, imagine déjà la scène. « Les spectateurs jouent leur rôle, explique-t-il. Je vais prendre un exemple avec un plaquage haut. Si vous êtes sur votre terrain et si c’est votre joueur qui a fait le plaquage haut, les spectateurs ne vont pas réagir. Si vous êtes à l’extérieur, il va y avoir une bronca pour inciter l’arbitre à siffler. Les spectateurs ont un rôle important, c’est pour cela qu’on aime bien jouer chez nous. » Nouvelle polémique à venir ? En août, l’utilisation massive de la vidéo avait nourri de nombreux débats. Car la disposition de l’IRB autorisant à remonter plusieurs phases de jeu avait généré de multiples pauses et annulé presque autant d’essais.

Glas : « L'arbitre de champ doit assumer »

Une « addiction » à la vidéo qui pourrait être moins forte avec la diffusion des images sur les écrans géants des stades. « C’est bien pour les arbitres de champ, ça leur permettra de prendre plus de responsabilités, estime ainsi l’ancien international Stéphane Glas, entraîneur des arrières de Montpellier, qui éprouvera le dispositif ce vendredi face à Clermont (20h45). Parce que c’est vrai que depuis le début du championnat, ils s’en remettaient beaucoup à l’arbitre vidéo. Il ne faut pas oublier que l’arbitre principal, c’est l’arbitre de champ. C’est à lui de prendre les décisions et de les assumer derrière. »

Les joueurs, eux, auront accès à la même source d’information. Un coup de sifflet, le geste de l’arbitre qui demande la vidéo. Et les yeux vers l’écran. Carton, pas carton ? Essai, pas essai ? « Ceux qui font faute, là, ils ne pourront pas dire non parce qu’ils l’auront sous les yeux, prévient le talonneur montpelliérain Charles Géli. Donc je pense que c’est mieux. Pour le rugby français, c’est beaucoup mieux. » Il faudra le voir pour y croire.

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LP avec WT et JL