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Top 14 : le bon (et héroïque) coup du Stade Français

Waisale Nayacalevu (Stade Français) transperce la défense du Racing

Waisale Nayacalevu (Stade Français) transperce la défense du Racing - AFP

Vainqueur ce dimanche sur la pelouse du Racing (19-25) malgré plus de 60 minutes à 14 après le carton rouge de Sergio Parisse, le Stade Français est quasi officiellement en phase finale et se rapproche d’un barrage à domicile. Un succès dans le derby qui va obliger son rival régional à s’accrocher, pour rester dans le top 6 à deux journées de la fin du championnat.

Dans le rugby francilien, on aime bien se jouer de vilains tours. L’an dernier, lors de la 23e journée du Top 14, le Racing s’imposait 32-22 sur la pelouse du Stade Français et sortait ce dernier des six premières places du classement. Septième à l’issue de la saison, le club parisien ne disputera pas les phases finales. Clin d’œil de l’histoire, le destin pourrait nous offrir un scénario identique cette année. Mais à l’envers. Car la victoire du Stade Français sur le terrain de son rival régional (28-19), ce dimanche, en le privant qui plus est du bonus défensif, ne fait pas seulement les affaires des hommes de Gonzala Quesada. Elle pourrait bien plomber ceux du duo des Laurent, Travers et Labit.

On s’explique. Cinquième avec sept points d’avance sur le septième avant cette 24e journée, le Racing recule d’un rang et voit les chasseurs de barrage grossir dans ses rétroviseurs. Désormais, Montpellier et l’Union Bègles-Bordeaux sont à trois points. Avec un calendrier qui réserve aux Franciliens un déplacement à La Rochelle puis la réception de Castres, deux clubs encore en quête du maintien (le second en ballotage bien plus défavorable que le premier), tenir sa position ne sera pas chose aisée. Les Racingmen la regretteront peut-être longtemps, cette défaite… Surtout face à un adversaire réduit à 14 dès la 19e minute, suite au carton rouge infligé à Sergio Parisse.

Le barrage à domicile se rapproche

Héroïques, superbes en mêlée, les Parisiens ne se laissaient pas perturber par ce désavantage numérique et Morné Steyn profitait des trop nombreuses fautes des locaux pour faire parler sa réussite au pied. Au cœur de la première période, un carton jaune pour Ducalcon permettait au Sud-Africain de faire passer le Stade de 9-6 en sa défaveur à 15-9 en sa faveur. En face, Sexton n’était pas maladroit non plus mais l’indiscipline se payait cher. Le duel de buteurs tournait en faveur du Springbok (7 pénalités à 4 au final malgré deux ratés de Steyn). Et Sinzelle donnait de l’air aux Parisiens avec un essai acrobatique en début de seconde période. Machenaud lui répondra au moment où le Stade évoluait à 13 – carton jaune pour Dupuy – mais l’écart était fait. L’affaire, pliée.

Avec de belles conséquences pour le vainqueur. Quatrième avec dix points d’avance sur Montpellier et l’UBB, le Stade Français a un pied, quatre orteils et deux phalanges du cinquième en phase finale, sa première depuis la saison 2008-2009. Avec sept points d’avance sur Oyonnax (5e) et le Racing, il se rapproche aussi de plus en plus de l’assurance de recevoir en barrage. Sans oublier ce retour à un point de Toulouse et deux de Clermont qui le positionne pour une place directe en demie en cas d’accrocs devant. « Ça va être compliqué pour le Stade Français de se qualifier directement dans les deux premières places car ça dépend des autres, estime Denis Charvet, membre de la Dream Team RMC Sport. Mais on peut penser qu’ils vont finir quatrièmes et le Racing peut être cinquième. Ça voudrait dire que le barrage se jouerait entre les deux à Jean-Bouin. Le Stade Français venait ici pour limiter la casse mais ils ont fait un gros match, un match de champions. L’expulsion de Parisse a décuplé leurs forces. Ça augure de bonnes choses pour cette fin de saison. » Se rapprocher des objectifs en plombant un peu ceux de son rival régional. Voilà ce qu’on appelle un derby réussi.

A.H.