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Top 14: le coup de gueule de Lemaitre, qui menace de ne pas libérer Ollivon pour les bleus

Comme bon nombre des présidents de Top 14, l’homme fort du RCT Bernard Lemaitre est très remonté contre la Fédération française de rugby. Il se dit en colère et ne mâche pas ses mots. Ses joueurs, dont Charles Ollivon, rejoindront-ils les Bleus à Marcoussis dans une semaine? Rien n’est moins sûr.

Bernard Lemaitre, comment le rugby français, la LNR et la FFR peuvent-ils se sortir de cette impasse?
On ne peut pas sortir d’une telle situation sans un minimum de rationalité, de raison et d’intelligence. La Fédération doit faire un pas. La Ligue en a fait un en acceptant d’aller de trois à cinq matchs (et six semaines), alors qu’elle n’y était pas juridiquement obligée. Il y a un problème d’intérêt général. Le rugby est en danger aujourd’hui. C’est un rugby des territoires, des clubs. Sans grands clubs, il n’y a pas d’équipe de France. Si vous enlevez Toulouse, le Racing, Toulon, Montpellier, pour ce qui est des principaux fournisseurs de sélectionnés, il n’y a plus d’équipe de France.

La colère monte-t-elle chez les présidents ?
Oui, il y a une véritable colère. Une colère par rapport à cette obstination, cet état de diktat, cette absence de dialogue. Il y a une manière de faire du président de la Fédération qui n’est pas de mise. La Ligue et la Fédération sont condamnées à s’entendre. Ce n’est pas la Fédération qui emploie les joueurs et qui les paye. Ce sont les clubs qui sont réunis autour de la Ligue. Cette position de la Fédération est inqualifiable. Elle ne fait que cristalliser l’union des clubs qui défendent leurs intérêts premiers.

Depuis l’ordonnance du Conseil d’Etat vendredi, la tension est montée d’un cran…
Oui, c’est vrai. Pourquoi? Parce que la Fédération fait une interprétation de la décision du Conseil d’Etat qui l’arrange. Le droit indique que seule la convention liant la Fédération et la Ligue impose aux clubs leurs attitudes. Il faut lire le texte dans sa réalité. Si on ne le comprend pas bien, il faut le faire lire par des juristes, ce que nous avons fait par différents types de juristes qui sont absolument formels. Bernard Laporte s’en sort avec des menaces vis-à-vis des joueurs. Mais en ce qui concerne les joueurs, je ne vois quels sont les risques. S’ils sont convoqués pour des matchs qui rentrent dans ce qui a été accepté par la Ligue, il n’y aura pas de problème. Ils seront alors libérés par leurs clubs. Si ça va au-delà, oui ils risquent de ne pas être libérés par leurs clubs…

"Pas de Charles Ollivon à Marcoussis dans une semaine? On peut l’imaginer"

Le rassemblement des internationaux à Marcoussis était prévu dans une semaine. Peut-on aujourd’hui imaginer que Charles Ollivon, le capitaine du XV de France, n’y aille pas ?
Oui, on peut l’imaginer. On peut tout imaginer à ce stade-là. S’il va à Marcoussis, c’est pour préparer France-Galles, un match qui a été rajouté pour les besoins d’une cause que nous ne comprenons pas. Pour le match contre l’Irlande une semaine plus tard, c’est différent. Tout le monde admet qu’il va et doit se jouer, avant les trois autres matchs qui suivent qui ne posent aucune question (contre les Fidji, l’Ecosse et l’Italie dans le cadre de la Autumn Nations Cup qui en prévoit quatre avec une rencontre de classement début décembre). Le vrai problème, c’est France-pays de Galles.

Etes-vous encore optimiste ?
Oui, je suis un optimiste invétéré. Peut-être que je me trompe. Il faut de nouvelles discussions avec la Fédération pour débattre à nouveau de cette convention qui seule détermine l’attitude possible pour les joueurs.

Ce dimanche matin, les présidents ont de nouveau décidé à l’unanimité de maintenir cette proposition de cinq matchs. Mais votre position peut-elle se durcir en n’acceptant plus que trois matchs ?
Oui, cela peut aller jusque-là car la convention aujourd’hui ne prévoit que trois matchs. Tout est possible.

JFP