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Top 14 : le derby basque, une espèce en danger

Bayonne-Biarritz : Dwayne Haare face à Damien Traille

Bayonne-Biarritz : Dwayne Haare face à Damien Traille - -

L’avant-dernier qui reçoit le dernier… L’affrontement ce samedi (18h30) entre Bayonne et Biarritz n’est pas seulement un nouvel épisode dans l’histoire des derbys basques. Il est aussi l’un des plus dangereux.

« Si je lui avais coupé les ailes, il aurait été à moi. Il ne serait pas parti. Mais alors il n'aurait plus été un oiseau. Et moi, c'est l'oiseau que j'aimais. » Paroles d’un chant basque qui fera partie des animations d’une journée pas comme les autres ce samedi au bord de l’Adour et de la Nive, avec sa reprise à quelques minutes d’un match pas comme les autres au stade Jean-Dauger (18h30). Remplacez « oiseau » par « derby » et vous aurez presque l’enjeu de ce sommet biannuel de rivalité régionale, aujourd’hui affrontement pour la survie dans un Top 14 qui ne lui a pas coupé les ailes mais qui pourrait le voir s’envoler. Bayonne-Biarritz, seulement l’un des sept duels de la 8e journée ? Bien plus que cela.

S’il restera 18 rencontres de championnat au lendemain de ce derby, il s’accompagne cette année de la perspective d’une future pause forcée, avec en toile de fond le débat sur la possibilité d’une fusion. Car avant ces 80 minutes de passion et de tension, Bayonne et Biarritz occupent les deux dernières places du Top 14. Avec ses cinq points de retard sur son voisin et ses six défaites (dont cinq d’affilée, série en cours) pour une seule victoire, le BO est même encore plus en danger. « En imaginant que l’on soit corrigé, la bête blessée serait tuée, craint Laurent Rodriguez, le premier et fidèle relais du patron discuté, Serge Blanco. Et ce n’est pas ce qu’on veut. » L’Aviron non plus.

Traille : « Beaucoup moins de ferveur »

« Je suis très heureux qu’il y ait des derbys, avoue Christian Lanta, entraîneur des avants bayonnais. Quelque part, c’est garder le rugby qu’on aime, parce qu’aujourd’hui, il se dilue dans tellement de choses... Ce derby, il est formidable. » Alors il est hors de question d’en avoir peur. « A deux ou trois journées de la fin, il pourrait être fatal pour l’une ou l’autre équipe, explique Lanta. Mais on ne va pas se rajouter de la pression à la 8e journée. La pression de ce derby et d’une victoire à domicile suffit à elle-même. » Le secret du derby remporté serait-il donc de le dédramatiser ? Damien Traille s’y emploie également.

« Il y a beaucoup moins de ferveur que les années précédentes, donc c’est quasiment un match comme les autres », assure-t-il, alors que son club a quand même passé la semaine à huis-clos... « Sur le terrain, ça se banalise un petit peu avec le nombre d’étrangers et le professionnalisme, reconnaît le Bayonnais Julien Puricelli. Mais ça restera un match particulier et il y aura toujours quelqu’un pour remettre la pression sur les joueurs ou pour en parler. » Imanol Harinordoquy, par exemple, de retour d’une blessure à un genou et qui sera sur le banc biarrot. Ni Bayonne, ni Biarritz, ni l’esprit du derby ne mourront samedi soir. Mais l’oiseau rare du rugby français déploiera-t-il encore ses ailes à l’automne 2014 ?

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