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Top 14 : le Racing prend les clés de Toulon

Henry Chavancy

Henry Chavancy - -

Le Racing a créé l’exploit de cette 15e journée de Top 14 en allant s’imposer sur la pelouse de Toulon, ce dimanche (19-15). Invaincu jusque-là à domicile, le leader s’est cassé les dents sur une intraitable défense francilienne.

Stupeur à Mayol. Toulon, incontestable leader du Top 14, invaincu à domicile avec 42 points inscrits en moyenne dans son antre depuis le début de saison, est tombé face à un Racing-Métro surprenant d’abnégation (15-19). Sans complexes malgré les 26 points de retard qu’ils accusaient au classement au coup d’envoi de la rencontre, les Franciliens se sont attachés à faire mentir avec acharnement la réalité comptable, en proposant un casse-tête inextricable à leurs hôtes.

Avec son pack extrêmement solide et un jeu au pied savamment pensé pour faire déjouer les Rouge et Noir, le Racing, sans doute ragaillardi par son récent succès sur Agen (40-6), tient la dragée haute à son illustre adversaire. L’affrontement en mêlée est magistral. Et la défense musclée des Ciel et Blanc prend systématiquement le pas sur les intentions toulonnaises. Au pied, Wilkinson et Wisniewski se rendent coup pour coup et les locaux regagnent les vestiaires avec trois points d’avance mais pas la moindre certitude (9-6).

L’éclair d’Estebanez

Et le deuxième acte confirme rapidement une tendance rare à Mayol : les visiteurs sont bien dans le coup. Trois petites minutes suffisent à Fabrice Estebanez pour faire parler la poudre. Au bout de son débordement magistral, Chavancy aplatit (9-13, 43e), jetant un silence de cathédrale dans l’enceinte varoise, médusée. La suite est simplement hitchcockienne. Toulon domine, sans trouver la faille. Wilko marque (12-13, 56e) et Wisniewski répond encore (12-16, 65e). Toulon n’a plus le choix. Et livre ses dernières forces dans la bataille. Le Racing va craquer, forcément. Mayol pousse. Les dernières minutes sont suffocantes.

Une cinquième pénalité de l’artilleur toulonnais ramène les siens à une longueur, mais le buteur adverse rétorque dans la foulée (15-19, 77e). La marée déferle alors sur l’en-but des Racingmen. Les temps de jeu se multiplient. Le Racing va craquer. Dix mètres, huit mètres, cinq mètres. Mayol gronde… mais n’y pourra rien. Le coup de sifflet retentit et le Racing exulte. Toulon est tombé. C’était donc possible. Et les positions ont beau être figées au classement (le RCT reste leader et le Racing est 9e), mais dans les têtes, du Racing-Métro, de Toulon et de tous ses concurrents, ce résultat pourrait bien tout changer.

Alexis Toledano