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Top 14 : Oyonnax, la fierté d’une vallée

Les joueurs d'Oyonnax

Les joueurs d'Oyonnax - -

Jusqu’à la reprise du Top 14, ce vendredi soir avec Montpellier-Toulon (20h45), RMC Sport vous plonge au cœur de différents clubs du championnat. Honneur au promu Oyonnax, ce lundi.

C’est un petit coin de France niché à la limite de la Suisse, au pied du Jura, à 100 kilomètres de Lyon et 80 de Genève. Bienvenue à Oyonnax. Une ville de 23 000 habitants au cœur de la « plastique vallée » (10 000 emplois sur 60 000 habitants dans la région). Une ville, surtout, qui vibre pour son club de rugby, l’USO, crée en 1909 et promu cette saison en Top 14 dix ans après avoir accédé à la Pro D2. Fidèle à la devise de la commune : « Elle s’est élevée grâce au travail opiniâtre de ses habitants ». « Nous sommes porteurs de toute une région, confirme Christophe Urios, entraîneur du club depuis 2007 et manager depuis décembre 2012. Beaucoup de gens s’identifient à nous et nous en sommes fiers. Nous sommes un peu le porte-drapeau de la vallée et les gens se retrouvent dans une cohérence de travail, de patience et de fidélité. »

Trois valeurs qui ont permis à l’USO de gravir les échelons vers le premier étage du rugby hexagonal, où sa présence attise la curiosité. « C’est presque une anomalie : on est dans une région un peu loin de tout, où il fait froid, avec une petite ville, explique Urios. Mais en même temps, nous sommes capables de faire des grandes choses et nous en sommes fiers. » Les Oyonnaxiens l’ont prouvé l’an passé. Cinquième budget de Pro D2, Oyonnax a dominé le championnat, officialisant sa montée à quatre journées de la fin (après une finale d’accession perdue face à Albi en 2009). Alors à l’heure de se frotter aux costauds du Top 14, avec un premier match samedi (18h30) à Bayonne, pas question de se draper de la moindre frayeur. « Avant de résister, nous avons envie de nous imposer, annonce Urios. Nous serons le petit que l’on veut manger, mais j’espère que l’on sera capable d’aborder cette saison sans complexes. On jouera le maintien, bien sûr, mais avec beaucoup d’ambitions. »

« Peut-être qu'on leur fait peur aussi... »

Objectif confirmé par Thierry Emin, le président délégué : « Nous avons construit l’équipe pour le maintien. C’est ce championnat-là qu’il faudra jouer. Contre les grosses écuries, il va falloir que l’on se pince quand nous les verrons sur le terrain. Est-ce bien la réalité ou s’agit-il d’un rêve ? Nous virons cela avec notre engagement habituel et notre humilité. Il ne faudra pas se prendre pour d’autres, ce n’est pas le style de la maison. Mais nous nous battrons et ne lâcherons rien afin de le vivre à fond. » Avec un stade Charles-Mathon passé de 8 800 à 12 000 spectateurs, un budget autour des 10 millions d’euros, l’un des plus petits du Top 14, et aucun mécène pour multiplier les chèques, Oyonnax sait rester à sa place. Mais refuse de s’avouer vaincu d’avance.

« En Pro D2, nous avions reçu Clermont, Grenoble ou Toulon, se souvient Anne-Marie Bernard, une supportrice. Revoir ces clubs en Top 14 sera une autre dimension mais on les attend tous de pied ferme. Dans la neige et le froid, ce sera peut-être difficile pour eux. Et peut-être qu’on leur fait peur aussi... » Avec l’envie de leur rappeler la petite phrase signée Hervé David, administrateur délégué du club : « Jusqu’ici, nous étions le club sympa. Un peu loin mais sympa. Désormais, nous voulons apprendre aux autres qu’Oyonnax, ce ne sont pas juste 14 points au Scrabble (25 très exactement, ndlr) mais un club de rugby qui a grandi et a une grande ambition. » Le Top 14 est prévenu.

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A. H. avec E. J. et à Oyonnax