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Top 14 - Ugo Mola : ‘‘Se servir de ce qui fonctionnait avec Guy Novès’’

Ugo Mola, le nouvel entraîneur du Stade Toulousain

Ugo Mola, le nouvel entraîneur du Stade Toulousain - AFP

Finaliste de la Coupe du monde 1999 avec les Bleus, Hugo Mola s’attaque à un défi de poids cette saison : succéder au totem Guy Novès sur le banc du Stade Toulousain. Invité de l’Intégrale Sport ce mercredi, le nouveau coach toulousain évoque ce challenge avant d’ouvrir la saison samedi (18h30) contre Brive, son ancien club.

Ugo, voulez-vous vous démarquer de l’ère Novès ?

Non. Je crois que ce serait une petite voire une grosse erreur. Il faut se servir de ce qui fonctionnait. L’héritage du club n’est pas que lourd. Il y a beaucoup de choses qui fonctionnent, beaucoup de structures et beaucoup de joueurs, qui sont la matière grise et première de notre effectif. Se différencier serait une erreur. Il faut s’appuyer sur les points forts de cette équipe. Ensuite, au fil du temps, il faudra s’adapter aux hommes, aux conditions et aux adversaires.

Avez-vous hésité à accepter la proposition du président René Bouscatel ?

René était venu vers moi et Guy m’avait un peu adoubé pour reprendre ses mots. Le fait que ces deux personnes voient en moi le successeur était plutôt rassurant. Après, forcément, on se pose deux-trois questions quand on prend la suite. Est-ce que l’événement est l’arrivée d’Ugo Mola ou le fait que Guy Novès ait arrêté ? Je pense qu’on penche plutôt vers la seconde option. Mais il faut aussi prendre le temps de mettre les choses en place. On a en plus la contrainte de la Coupe du monde avec sept-huit de nos meilleurs joueurs absents et cela fait un début de saison un peu particulier, comme pour d’autres, mais un peu plus particulièrement à Toulouse où le départ de Guy Novès s’ajoute à tout ça.

L’ombre de Guy Novès plane-t-elle sur le club ? Rôde-t-il dans les environs comme un Guy Roux à Auxerre ?

Guy avait besoin de couper un petit peu. Les dernières saisons ont été assez pénibles pour lui. On connaît le personnage et on peut lui faire confiance pour être à 2000% quand il prendra ses fonctions en novembre auprès de la Fédération et de l’équipe de France. Pour revenir sur son ombre, de l’extérieur, on peut ressentir ça comme un poids. Parfois, je ne vous cache pas que j’aimerais bien avoir la petite voix de Guy Novès derrière l’oreille pour me dire de penser à ci ou à ça mais c’est la vie. Il faudra faire sans lui. Il faut aussi passer malheureusement ou heureusement à autre chose. C’est la continuité d’un club. Le Stade Toulousain existait avant et existera après. Si je peux faire partie de l’histoire au même titre que Guy, sans la prétention d’y rester autant mais en ayant au moins quelques résultats aussi positifs que lui, tant mieux pour nous. Mais avant tout ça, il faut vraiment se servir de ce qui a fonctionné. Le club n’a pas le même modèle économique que beaucoup et ne fonctionne pas comme tout le monde. Il y a un culte de la différence depuis toujours. On va plutôt s’inscrire dans cette lignée que dans le copier-coller qu’on peut voir un peu partout avec la course à l’armement et la volonté de faire plus gros, plus fort et plus grand.