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Toulon : Bastareaud, c’est quoi le problème ?

Qu’arrive-t-il à Mathieu Bastareaud ? Moins performant avec Toulon et privé d’équipe de France depuis la Coupe du monde, le trois-quarts centre international réalise une saison décevante.

« Je ne fais pas une très bonne saison, je n’ai pas peur de le dire. » Mathieu Bastareaud ne se cache pas. Le trois-quarts centre de Toulon n’est pas dans la forme de sa vie depuis quelques mois. Moins percutant, en difficulté face à la concurrence au sein même de son club, l’ancien joueur du Stade Français a aussi perdu sa place en équipe de France puisque Guy Novès ne lui a pas accordé sa confiance depuis son intronisation comme sélectionneur des Bleus.

Forcément dur à encaisser pour un joueur qui marche à l’affect. « Je suis assez lucide sur ma saison, commente-t-il. Je ne suis pas forcément satisfait de ce que je fais. Je suis assez frustré, je sors des matches déçu. Je suis un peu dans le dur par rapport aux années précédentes. » Mais comment expliquer une telle baisse de régime ? D’abord par une Coupe du monde mal digérée tant sur le plan physique (son jeu et son gabarit nécessitent qu'il soit à 100%, il le répète souvent) que sur le plan mental. « Il fait partie de ces affectifs et même s’il ne le dit pas, la Coupe du monde l’a certainement marqué, confirme son entraîneur Bernard Laporte. Il a mis plus de temps à revenir que d’autres qui évacuent vite. Il faut beaucoup l’encadrer, lui parler. »

Laporte : « Peut-être la saison où il s’entraîne le plus »

Mais à ceux qui imaginent que « Basta » est du genre à s’apitoyer sur son sort, l’intéressé entend montrer qu’il n’est pas fini, et ce dès samedi face à Toulouse à l’occasion du choc de la 22e journée de Top 14. Qu’il s’agisse du RCT ou des Bleus, le Toulonnais de 27 ans a encore faim. Epanoui sur la Rade, où il a récemment prolongé jusqu’en 2021, il redouble donc d’efforts pour revenir au top. « C’est peut-être la saison où il s’entraîne le plus, observe Bernard Laporte. Il fait des efforts, je le vois. Il se donne les moyens d’y arriver. Ça va payer, il n’y a pas de raison. »

L’intéressé ne jure en effet que par le travail pour ne pas perdre la confiance. Et si sa page avec les Bleus devait définitivement se refermer après 39 sélections, il n’en ferait pas toute une histoire. « J'ai assez d'expérience pour comprendre que si je ne plais pas à tout le monde, c'est comme ça, ça m'est égal, confiait-il cette semaine à La Provence à propos de la politique sportive de Guy Novès. J'ai eu une vie avant et j'en aurai une après l'équipe de France. »

Aurélien Brossier avec Florent Germain à Toulon