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Trinh-Duc : « Vraiment envie de participer à la Coupe du monde »

François Trinh-Duc

François Trinh-Duc - -

Non retenu par Philippe Saint-André pour le Tournoi des VI Nations, François Trinh-Duc n’a pas fait pour autant une croix sur le XV de France. Le Montpelliérain, qui a prolongé, est bien décidé à prendre part au Mondial 2015, en Angleterre.

François Trinh-Duc, vous ne faites pas partie des joueurs retenus pour le Tournoi des VI Nations. Et vous ne semblez plus entrer dans les plans de Philippe Saint-André. Avez-vous évoqué votre situation avec lui ?

J’ai laissé passer un jour, puis j’ai pris la décision d’appeler Philippe Saint-André pour avoir une conversation. Ça a été très positif. C’est vrai que j’étais content de pouvoir m’entretenir avec lui. Je me suis remis au travail et je n’ai qu’un objectif : revenir en équipe de France. Il faut dire aussi que les 10 qui sont sélectionnés (Rémi Talès et Jean-Marc Doussain, polyvalent) méritent amplement leur place.

La Coupe du monde 2015 est donc un objectif prioritaire pour vous...

Pour en avoir vécu une (en 2011, ndlr), c’est une compétition fabuleuse. On ne se rend pas compte de l’extérieur de tout le bonheur que ça apporte, surtout quand on arrive en finale. Forcément, c’est un objectif à long terme et il y a plusieurs objectifs à court terme à réaliser avant. Mais c’est vrai que j’ai vraiment envie de participer à cette Coupe du monde et c’est mon objectif.

Qu'en est-il aujourd'hui de votre jeu au pied, qui a souvent été critiqué lorsque vous avez porté le maillot du XV de France ?

C’est quelque chose que je travaille depuis un certain temps. J’essaie de montrer que je peux être buteur numéro 1 et buter des pénalités importantes. Jusqu’à présent, ça m’a souri et j’espère qu’il y en aura d’autres. En tout cas, c’est un secteur que je travaille beaucoup. Je ne lâche pas dans ce domaine, car j’ai envie de rajouter cet outil dans mon jeu et je m’en donne les moyens. Les critiques sur mon jeu au pied font partie de ma carrière. Après, des fois… C’est normal, il y a des matches où je passe à côté. Mais des fois, c’est moins censé et c’est souvent méchant. Mais maintenant, je suis vacciné et ça ne me fait plus rien.

Comment appréhendez-vous la réception de Bordeaux-Bègles samedi (18h30) ?

C’est un match très important pour nous. On n’a plus du tout le droit à l’erreur à domicile et ça commence ce week-end. On est sorti des six premiers (7e) et on aimerait raccrocher ce wagon, alors il est obligatoire pour nous de gagner. On sait à quoi s’attendre. C’est une très belle équipe qui produit du jeu, qui embête beaucoup de grosses écuries. Ils vont arriver sans complexe, c’est sûr, donc on est prévenu… On s’attend à un match piège, mais on ne sera pas surpris.

« J'ai fait le bon choix en restant à Montpellier »

Un temps séduisant, un temps décevant... Montpellier a du mal à décoller véritablement cette saison. Comment expliquez-vous ce manque de régularité ?

Cela prend un peu de temps de créer une équipe. C’est vrai qu’il y a de la qualité. Il y a aussi encore une grosse marge de progression de notre part. Alors, on manque peut-être un peu de repères, mais petit à petit, on arrive à trouver un peu plus de liant, de confiance. Et on sent qu’on est un peu plus relâché, qu’on joue de manière un peu plus décomplexée. On est sur le fil du rasoir, c’est vrai. Ça peut basculer dans le bon sens, comme dans le mauvais. On espère que ça basculera dans le bon sens. On sent beaucoup d’application, d’implication, de cohésion et de concentration aux entraînements. Il ne nous manque pas grand-chose. On peut faire de belles choses. On arrive à gagner des matches mais on sent, oui, qu’il y a une grosse marge de progression encore.

En l'absence de Fulgence Ouedraogo (blessé et opéré d'une épaule), vous êtes capitaine. Qu'est-ce que cela change pour vous ?

Il n’y a qu’à Montpellier que je peux avoir ce rôle de capitaine. Je le prends bien. Au début, ça a été compliqué. Je ne suis pas de nature à diriger, à prendre la parole. Je préfère montrer, parler de rugby et diriger plus que manager des joueurs, mais je me régale en tout cas car j’apprends beaucoup sur moi et sur ce rôle. C’est très intéressant. J’ai un peu plus de responsabilités. Je dois sentir ce que les joueurs ont besoin d’entendre. Est-ce qu’il faut les mettre plus en confiance ou plus les alerter ? Les mettre dans la crainte pour préparer certains matches ? Il y a aussi les relations avec le staff, avec lesquelles il faut composer parfois… Mais c’est très intéressant.

Comme Ouedraogo, vous avez choisi de prolonger avec Montpellier. Vous n'aviez pas envie de découvrir autre chose ?

C’est surtout un choix personnel. J’ai été égoïste sur ce choix-là et je pense qu’il faut l’être. J’ai envie de progresser encore avec ce club. Et puis l’objectif de la Coupe du monde est toujours en ligne de mire. Alors même si c’est compliqué en ce moment, je pense qu’en restant à Montpellier, j’ai fait le bon choix. Partir peut être bénéfique pour un joueur, pour découvrir un autre environnement. Mais à un an de la Coupe du monde, j’avais la crainte de mettre un peu de temps à m’adapter à un nouveau système et de ne pas beaucoup jouer. On sait que dans une année de Coupe du monde, il faut être sous le feu des projecteurs, beaucoup jouer, être en confiance. Et c’est surtout ce gros point qui m’a fait rester à Montpellier.

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Propos recueillis par Julien Landry