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UBB-Agen : Ibanez-Sella, deux icônes en échec

Raphaël Ibanez

Raphaël Ibanez - -

Sept mois après leur arrivée respective à la tête de Bègles-Bordeaux et Agen, Raphaël Ibanez et Philippe Sella galèrent dans leurs nouveaux habits d’entraîneur. Et les deux clubs, qui s’affrontent ce samedi (18h30), se font peur en queue de peloton.

Sur le papier, le casting ne manquait pas d’allure. Pensez donc : Raphaël Ibanez et Philippe Sella, deux grands anciens internationaux, deux figures historiques du rugby français à la tête de deux clubs de Top 14. Nous sommes alors en août 2012, à l’orée d’une nouvelle saison. Les deux hommes font figure de bizuths dans leurs nouveaux habits d’entraîneur, mais leur statut et leur science du jeu doivent leur permettre de réaliser des miracles à la tête de Bègles-Bordeaux (Ibanez) et d’Agen (Sella).

Sept mois plus tard, la réussite n’est pas franchement au rendez-vous pour les deux hommes dont les équipes pointent aux 12e (Agen) et 13e (UBB) rangs, avant de s'affronter ce samedi (18h30) devant plus de 30 000 personnes à Chaban Delmas. A l'Union Bordeaux-Bègles, Ibanez n'a pas eu son mot à dire dans un effectif façonné depuis 3 ans par Marc Delpoux, parti depuis à Perpignan. A Agen, Sella a du mal à assurer la succession du duo Lanta-Deylaud, parti relever des défis autrement plus élevés du côté de Bayonne. Alors, la faute à pas de chance ou simple erreur de casting ?

La parole est à la défense

« Il n’y a pas de liaison direct entre le travail qu’a fait Philippe (Sella) et le classement, souligne Alain Tingaud, le président agenais. Ce sont des raccourcis que je n’accepte pas. Ce qui est malheureux, c’est que Philippe et son équipe ont pris un groupe qui était déjà malade à cause des années passées, et qu’il a fallu guérir puis reconstruire. Je dois aussi reconnaître que dès le début de la saison, une certaine partie du rugby professionnel avait décidé que Bordeaux, Mont-de-Marsan et Agen devaient être ceux qui descendent. Je crois que cela conditionne pas mal les arbitres… »

« Que tu nous mettes Bernard Laporte ou Guy Novès, on ne fera pas troisième, affirme de son côté le président béglais, Laurent Marti. On sera toujours à la même place, je vous le garantis. Il faut arrêter avec ce rêve qu’un entraîneur peut modifier une équipe. C’est faux ! Un entraîneur n’a jamais inventé une équipe, ni transformé des joueurs. Il les accompagne, c’est un chef d’orchestre. Ce qui fait une équipe, c’est la qualité des joueurs. C’est le point numéro un. La deuxième chose qui compte, c’est le contexte général. C’est-à-dire : est-ce qu’ils ont envie de se battre pour ce club ? Et les entraîneurs sont là pour extraire la quintessence. Mais jamais un bon entraîneur ne s’en sortira avec une mauvaise équipe. Si tu mets Sella à Toulouse, et Ibanez à Toulon, on va les trouver très bons. » En attendant, c’est bien à Agen et Bègles-Bordeaux que tous deux officient…